mardi 25 juillet 2017

"Les âmes vagabondes" de Stephenie Meyer.

2008- JC. Lattès -
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert.
617 pages.



L’été, j’aime assez lire des romans de science-fiction qui laissent place à l’imagination, une totale coupure avec le quotidien Durant mes fouilles régulières dans ma braderie préférée,  le titre de ce roman m’a interpellé et mon instinct a fait le reste.

La terre a été envahie par des extraterrestres d’un genre un peu particulier. Ce sont des âmes, des colons à travers l’univers ; dépourvues de corps elles recherchent en permanence des hôtes auprès d’autres espèces vivantes. Sans conflits, ni guerre, ni violence peu à peu elles s’immiscent à l’intérieur de nos corps et prennent le contrôle de nos esprits.  Lentement, insidieusement la quasi-totalité de l’humanité se métamorphose. Peu à peu la conscience humaine déserte les corps. La population sur terre est comme anesthésiée, plus de haine, de férocité. La société se base sur un troc économique, la confiance et l’entraide, une société utopique où nos instincts de petits sauvages sont réfrénés. Ces êtres ne cherchent pas vraiment à nous nuire ; d’un certain côté l’humanité s’améliore exit les passions. Les humains possédés sont reconnaissables à la couleur de leur iris, une couleur claire irisée, argentée se greffe autour se reflétant à la lumière.

"Elle est enfermée, Ian. C'est comme une prison ... pire que ça ; je ne sais pas comment décrire ce qu'elle endure. Elle est une sorte de fantôme. p 573.  



Seuls quelques individus ont échappé  à cette mutation. Le roman s’ouvre avec l’une d’elles, Mélanie Stryder, une des dernières humaines. Course poursuite, tentative de suicide manqué, elle est attrapée. Dans un centre de soins, elle reçoit une âme prénommée "Vagabonde" , la Terre est sa neuvième vie. Son expérience fait d’elle  la candidate idéale pour découvrir, par le biais des souvenirs et de la mémoire de Mélanie, le dernier bastion humain. Une « traqueuse », une âme disons policière pour faire  court dans la définition, attend avec impatience les informations.

Vagabonde nous racontent son existence et ses aventures sur terre ; l’histoire aborde le point de vue de l’extraterrestre "parasite". Tout est expliqué, montré en connexion avec ses ressentis, sa sensibilité d’âme étrangère à notre monde. Dès son implantation, le conflit s’installe entre les deux âmes. Les transplantations dans des corps adultes se font plus rarement pour éviter ce genre de problème et une nouvelle opération qui condamnerait le corps humain rétif. Là, un cas bien particulier, les « aliens » ont besoin d’informations.

Mélanie possède un caractère bien affirmé, limite explosive en comparaison de la douce et un peu docile Vagabonde. Elle partage ses souvenirs, manipule dans l’espoir de retrouver son jeune frère Jamie et l’homme dont elle est follement éprise Jared. Par empathie, elle est révulsée à l’idée de condamner à mort son hôte ; elle décide de partir dans le désert américain (du côté de Tucson, Phoenix). A partir de ce moment-là le roman relate leur existence parmi « les résistants » au fond de galeries souterraines à l’abri des Traqueurs. Il est vrai que le récit se déroule principalement sous terre, en petit comité, en secret. La survie s’organise en autarcie complète ; la petite communauté régie par l’oncle de Mélanie : Jeb. Un des rares humains à émettre des théories des complots et à croire à l’invasion extraterrestre. 

 Au début, Vagabonde est considérée comme un monstre à abattre ; le « mille-pattes » parasite, sujette à de nombreuses violences physiques et verbales (un peu trop même).

Tout le roman s’articule autour des âmes très différentes qui lentement finissent par cohabiter et s’apprécier. Vagabonde, surnommée Gaby par le contact de Mélanie estime sa nouvelle famille et tient à la protéger des siens ; tout particulièrement Jamie, le jeune frère et Jared.

L’histoire tient entre un mélange de petites philosophies et de romance un peu particulière - pour être plus précise, une quadrangulaire amoureuse, pas courant, deux âmes féminines dans un corps : Mélanie et Jared, un amour passionnel et charnel et Gaby et Ian amour spirituel et tendre faisant fi des corps et de l’attirance physique – sans cesse Gaby est déchirée entre ses propres sentiments (un fait nouveau pour elle) et ceux qu’elle ressent consécutifs avec sa promiscuité mentale avec Mélanie.

 
Je me suis très vite attachée à Vagabonde, à son caractère, sa bonté, sa capacité à comprendre, à ressentir les sentiments des humains. Les autres personnages sont aussi très omniprésents, chacun tient sa place et son rôle. (Jared, Jamie, les deux frères Ian et Kyle, la brute, Doc, le médecin, la traqueuse). La fin du roman laisse toutes les ouvertures possibles et les rumeurs d’une suite possible pourraient se confirmer. Il est indéniable que Stéphenie Meyer possède un certain don de conteuse ; elle nous embarque dans son univers fictionnel sans pratiquement d’actions généralement requises à ce genre de roman. Petit aparté, j'ai trouvé assez poétique les noms que choisissaient les âmes : "Bleu-céleste", "Tisse-le-feu", "Aurore d'été qui chante" ; un peu long, question d'habitude probablement. Quant aux histoires que Vagabonde raconte sur les autres mondes, un libre court à toutes imaginations !

Un petit bémol, le style d’écriture pauvre, l’emploi trop récurrent du pronom « on », laisse parfois l’impression d’un ton trop impersonnel et familier ! En opposition, à voir aussi la répétition de mots d’un registre trop soutenu : engramme (épigramme) – phagocyté (absorbé) – prophylaxie (préventif).
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Inutile de s’attarder sur la présentation de l’auteur, Stephenie Meyer, mondialement connue dès 2003  grâce à la série « Fascination » (titre original "Twilight"  est une  romancière américaine née le 24 décembre 1973 dans le Connecticut. En mai 2008, elle publie " Les âmes vagabondes", roman de science-fiction ; en 2016 paraît " La chimiste".
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jeudi 29 juin 2017

"D'après une histoire vraie" de Delphine de Vigan.

JC Lattès 2015.
479 pages.


L. est entrée en douceur, avec une infinie délicatesse, et j’ai passé avec elle des moments d’une émouvante complicité."  p 14-

Delphine, narratrice et romancière, très semblable à l’auteur, nous raconte un épisode de son existence.  Après la parution de son dernier roman, autobiographique, en pleine confusion, épuisée psychologiquement, elle tombe peu à peu en dépression, bien au-delà de la simple panne d’inspiration. Elle rencontre L., personnage féminin séduisant et fascinant. Elle ne sera jamais autrement désignée que par cette initiale. Immédiatement, c’est le coup de foudre amical. Peu à peu, elle va s’immiscer dans son quotidien,  et s’emparer subtilement  des commandes de son existence tellement  troublée et  désocialisée ; elle ne trouvera personne sur son chemin pour l’en empêcher. 

 " Elle ravivait cet espoir inassouvi d’être plus belle, plus spirituelle, plus confiante, d’être quelqu’un d’autre en somme …" p 88 


L. comprend mieux que personne le désarroi de Delphine. Elle évolue dans les mêmes sphères. L. écrit pour le compte des autres « un nègre » dans le milieu littéraire, elle reste dans l’ombre ; comme avec la narratrice ; son entourage ne la rencontrera jamais. Cette parenthèse douloureuse pourrait très bien être probable. 
Pourtant, «D'après une histoire vraie » ressemble plus à un roman psychologique qu’à une autobiographie. Le thème du livre reste la relation hors norme, l’emprise mentale, qu’entretient Delphine avec L. En filigrane, se dessine la question du vrai, du vécu dans l’écriture. Jusqu’où le romancier doit-il se dévoiler ? Au début du récit, il nous arrive de penser qu’il est une suite possible de son précédent roman « Rien ne s’oppose à la nuit ».

"Je crois que les gens savent que rien de ce que nous écrivons ne nous est tout à fait étranger. Ils savent qu’il y a toujours un fil, un motif, une faille, qui nous relie au texte." - p 103-

Néanmoins, les pistes se brouillent … Et si tout ceci n’était pas vrai ! A-t-elle vraiment vécu l’angoisse de la page blanche ? Les révélations des pans de son histoire sont-elles arrangées, transformées ou bien tout simplement inventées ? Le roman mélange-il vraiment la vérité et la fiction ?  Qui est la réelle manipulatrice L. ou Delphine ?  Trop d’interrogations étouffent l’intrigue.

Delphine De Vigan se met trop en scène ; la narratrice, lui ressemble trop. Une impression confuse où nous pourrions penser à une attitude quelque peu narcissique, un besoin de se placer en avant ; un culte de la personnalité qu’elle semble vouloir dénoncer. Une attitude déjà relevée dans ses précédents romans, des sujets très intimes. Le suspense n’est pas eu rendez-vous ; pas de surprise dans le scénario. Les passages avec la bibliothèque personnelle de Delphine, le huis clos final n’amènent pas le lecteur vers la stupéfaction, la fébrilité du dénouement !  

Malgré tout, je dirais que se fut une lecture agréable, mais pas ensorcelante … Je m’attendais, certes à plus d’imprévu, de fausses pistes, d’être malmenée, perdue dans l’intrigue.



"A cet instant précis, j’ai pensé cela : de certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. Malgré le temps passé, malgré la douceur d’autres mots et d’autres regards."  p 317

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Delphine de Vigan, romancière est née en mars 1966 à Boulogne-Billancourt. A son actif,  huit romans dont "D'après une histoire vraie" en 2015 qui a été couronné par le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens. Sous le pseudonyme "Lou Delvig", elle écrit son premier roman, déjà d’inspiration autobiographique : Jours sans faim (2002), qui raconte le combat d’une jeune femme contre l’anorexie. L’année suivante, « Les heures souterraines » dénonce le harcèlement moral dans le monde du travail. En 2011, avec «  Rien ne s’oppose à la nuit », elle raconte les souffrances de sa mère atteinte de trouble bipolaire. (Prix du roman Fnac).
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mercredi 21 juin 2017

"Mrs Dalloway" de Virginia Woolf.

Virginia Woolf, sa vie, son œuvre …

Le livre de poche - 1925 -
220 pages.
Romancière anglaise, elle est née le 25 janvier 1882 à Kensington, l’un des quartiers chics de la bourgeoise londonienne. Elle est la fille de Sir Leslie Stephen et de Julia Stephen Duckworth. Elle reçoit une éducation riche et diverse peu conventionnelle où la curiosité intellectuelle est de mise. En 1895, sa mère décède, première perte qui la fragilise psychologiquement. Avec son frère Thoby et sa sœur Vanessa, elle appartiendra au fameux groupe de Bloomsbury, un mouvement intellectuel qui bouscule la société bien-pensante. Là, elle rencontre Leonard Woolf, l’épouse et fonde la «  Hogarth Press », qui publiera tous ses romans. Cette indépendance lui permet d’aller au bout de son art, sans avoir à plaire à un éditeur. Auprès de Leonard, Virginia est apaisée. Mais elle ne connaîtra la passion qu’auprès de femmes, dont l’écrivaine Vita Sackville-West, ce qui conduira certains à voir en elle une pionnière de la bisexualité. Durant toute son existence, hallucinations et idées morbides l’affaiblissent. Le 28 mars 1941, ultime tentative de suicide, les poches pleines de cailloux, dernière promenade, Virginia se jette dans la rivière Ouse. Son corps sera retrouvé trois semaines plus tard.
Une biographie, « Virginia Woolf » de Viviane Forrester.
Un choix très subjectif, parmi ses œuvres les plus emblématiques : 1915 - « La traversée des apparences » ; 1922 – « La chambre de Jacob » ; 1925 – « Mrs Dalloway » ; 1927 – « Promenade au phare » ; 1928 – « Orlando » ; 1931 – « Les vagues ».
Une romancière anglaise qui m’est chère ; liée à des souvenirs de lecture de jeune fille... Comme aujourd’hui, premières chaleurs estivales, début de longues vacances qui m’offraient la possibilité de choisir de découvrir des romans et des auteurs ! Cette relecture s’est imposée suite à la lecture du roman « Les heures » de Michael Cunningham. Une irrépressible envie de replonger dans l’univers si spécial de Virginia Woolf …Petit aparté, j’ai même retrouvé le jumeau du poche que je possédais à l’époque !!! (Les braderies, des joies sans fin). 
Le roman …
A Londres, pendant une seule journée de 1923, rythmée par les coups de cloches de Big Ben, nous suivons  deux personnages principaux, qui sont Clarissa Dalloway, une femme au foyer de la bourgeoisie londonienne, d’une cinquantaine d’années (sort d’une longue maladie) et Septimus Warren Smith, vétéran de la Première Guerre Mondiale atteint de psychose post-traumatique. Ils ne se connaissent pas ; ils se croiseront sans jamais s’appréhender !  Le roman s’ouvre sur Mrs Dalloway qui sort acheter des fleurs pour sa soirée mondaine. Ne cherchons pas d’action, seulement des monologues intérieurs ; leurs pensées et intimité se révèlent au détour de promenades, d’errance au travers de la ville. Tour à tour, ils effleurent d’autres protagonistes qui eux-mêmes se dévoilent au gré leurs pensées. Peter Walsh, l’amour d’autrefois de Clarissa, ressasse ses souvenirs, sa jeunesse. Miss Kilman, professeur d’Elisabeth (fille de Clarissa),portrait tracé au fusain qui illustre la femme de petite condition malmenée par la naissance et la  vie, très instruite, aigrie par la force des choses, juge et dresse un portrait assez cinglant de Mrs Dalloway, la mondaine. Quant à Elisabeth, jeune femme qui cherche à s’émanciper, symbolise la nouvelle société émergente conséquence du conflit 1914-1918. L’auteur a choisi de présenter les faits de façon simultanée ; elle a recours au discours indirect libre, à l’épanchement intérieur et à la superposition des points de vue de chaque personnage. Les faits du récit aident seulement à comprendre l’existence, le passé, des prétextes pour amener les états d’âme de tout un chacun. Pas de chapitres, seules les heures égrenées par l’illustre horloge scandent les multiples soliloques !
Virginia Woolf aborde un thème résolument nouveau pour son époque, celui de l’altérite : avec Mrs Dalloway, femme publique, d’un certain rang social  et Clarissa qui flotte entre ses pensées très personnelles. Ce genre de dichotomie s’effectue aussi pour les autres personnages du roman. Autre thème très présent dans roman : la mort. Elle se glisse subrepticement  dans chaque monologue, sans rien ôter au texte, mélange tout en douceur quasi naturel.
Et bien sûr l’eau, un élément  présent, quasi obsessionnel, sujet à toutes les métaphores dans les romans de Mrs Woolf.
" L’oubli, chez les hommes peut blesser ; l’ingratitude irrite, mais ce grand courant, qui roule sans fin, une année après l’autre, emporte tout ce qu’il rencontre, ce vœu, ce camion, cette vie, cette procession, les enveloppe et les entraîne ; de même le torrent d’un glacier prend un ossement, une fleur bleue, un tronc d’arbre et les roule." p 160 .
Virginia Woolf cherchait une nouvelle forme d’écriture réaliste. Son roman « Mrs Dalloway » met en scène des personnages avec leurs sentiments, leurs choix ; leurs identités propres. Rêveries, réflexions, leurs corps sont ancrés dans le présent, mais leurs esprits s’échappent, noyés dans leurs pensées. Par certains côtés, la réception m’a rappelé les soirées du « Temps retrouvé » de Marcel Proust. Le temps qui file, les souvenirs et le passé qui s’invitent ; les mondanités auxquelles les personnages s’accrochent … Une lecture nostalgique, toujours un coup de cœur, je suis restée bercée par le ressac des mots, des phrases  de ce grand et formidable écrivain  qu’a été et restera pour toujours « Madame Virginia Woolf »
"L’amour… mais ici l’autre cloche, la cloche qui, toujours, frappe deux minutes après Big Ben, arriva tout affairée, les mains pleines de bagatelles qu’elle lança par terre comme si c’était très bien que Big Ben, avec sa majesté, fi la loi, si solennelle, si juste, mais qu’il y eût encore toutes sortes de petites choses qu’il ne fallait pas oublier –" p 148. 



 "Car, voici la vérité sur notre moi, pensa-t-il, sur notre âme qui habite des mers profondes et navigue, comme un poisson, entre des choses ténébreuses, se faufile entre les troncs des algues géantes, traverse des espaces pointillés de soleil, et s'enfonce dans l'obscurité froide, profonde, impénétrable. Soudain, elle s'élance à la surface et bondit sur les vagues que le vent ride, ce qui veut dire qu'elle a un besoin réel de se frotter, de se nettoyer, de se réveiller, de bavarder." p 184.

jeudi 15 juin 2017

"Les heures" de Michael Cunningham

Titre original : "The hours"
Belfond - 1999-
238 pages.
Trois femmes, trois époques, une journée, un fil conducteur, un roman de Virginia Woolf « Mrs Dalloway », voilà pour la trame de ce roman …Rien de plus n’est donné quant à l’histoire de ce roman ; intriguée, auteur inconnu pour moi et je me lance dans cette nouvelle lecture ! J’aime assez ce concept, ne rien dévoiler quant à la trame de l’histoire ; une totale découverte au fil des pages.

Clarissa est éditrice à New-York à la fin du XXème siècle ; surnommée Mrs Dalloway par son plus tendre ami Richard. D’ailleurs, elle donne en  son honneur un diner qui lui tient vraiment à cœur. Virginia Woolf est romancière en Angleterre en 1923. Elle commence un nouveau roman qui deviendra « Mrs Dalloway ». Elle vit pour l’instant à Richmond le temps de son rétablissement sur les injonctions de son mari. Elle s’ennuie, rêve de retourner à Londres. Laura Brown, mère au foyer demeure à Los Angeles en 1949 ; mère d’un tout jeune garçon « Richie », elle attend son second enfant ; mariée à Dan un ancien militaire, héros de la seconde mondiale. Rat de bibliothèque, lectrice compulsive, elle traverse plus qu’elle ne vit son époque. Nous nous retrouvons face aux figures de la création littéraire : c’est-à-dire, l’écrivain, le personnage et le lecteur.

D’un chapitre à l’autre, nous passons de l’une à l’autre. Le roman commence avec le suicide de Virginia Woolf, nous partageons ses ultimes moments. Episode terrible, écrit avec pudeur, sans pathos rendu réaliste, plausible comme sous le sceau de dernières confidences. Tour à tour, au fil des chapitres, nous nous immisçons dans l’inconscient des ses trois femmes liées par une même connivence spirituelle, une même sensibilité exacerbée proche du désespoir et de la détresse, une forte et puissante dépression chronique. Ce sont des écorchées vives qui cultivent avec brio les apparences et les faux-semblants. Leurs âmes souffrent et crient sans rien laisser en transparaître !!! Peu de notes d’espoir pour leurs espérances inassouvies surtout bien mises en avant chez Laura Brown. Elle préfère se perdre dans la lecture comme une fuite en avant toute intérieure.

Par les monologues intérieurs de ses trois figures féminines, le romancier Michael Cunningham  effleure tout en finesse les thèmes de la maladie (le sida) avec Richard poète maudit, malade au bord de la folie ; de la vie avec Clarissa qui malgré tout trouve que l’existence reste une formidable et belle aventure ; de l’hésitation sexuelle ; de la mort omniprésente, tentation suicidaire pour la plupart des personnages ; du temps personnage à part entière. Tic tac … Pour certains les heures filent trop vite, pour d’autres elles s’étirent vers l’infini !
Tout le long des chapitres qui concernent « Clarissa Dalloway », l’auteur nous renvoie par subtiles touches au roman de Virginia Woolf, des rappels qui si nous avons lu le roman gênent un peu la lecture. Nous nous renvoyons trop dans l’œuvre de Mrs Woolf. Pour aperçu : dans la rue, Clarissa et les badauds sont interpellés par une pétarade qui les attire vers le lieu d’un tournage de séquence de film. Dans « Mrs Dalloway », un pneu qui éclate séduit et captive la foule qui se perd en conjectures quant à l’occupant de l’automobile. A chaque section, inconsciemment, nous cherchons les clins d’œil et la comparaison s’installe : l’achat des fleurs, la soirée qui se prépare, le passé qui resurgit sans cesse etc. Alors, forcément impossible de ne pas prévoir le suicide d’un des personnages. Arrêtons là l’énumération le plaisir de la découverte risque d’être gâché !
L'adaptation cinématographique



Ne pas chercher d’action, dans ce roman, il n’y en a pas ! « Les heures » reste un récit introspectif, tout en douceur et en tristesse. Une très belle surprise, une lecture subtile et un très bel hommage à Virginia Woolf. J’ai beaucoup aimé le regard de l’auteur sur la romancière, sa douleur morale et sa difficulté à écrire. Je me suis surprise relire plusieurs fois certains passages avec un réel plaisir, emportée dans les détails, l’artistique, les émotions et la délicatesse !

"Elle aurait pu avoir une vie aussi riche et dangereuse que la littérature" -p 107 -

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Michael Cunningham, romancier américain est né à Cincinnati en Ohio le 6 novembre 1952. Il a grandit à Pasadena, en Californie. Il a étudié la littérature anglaise à l’université Stanford où il a obtenu une licence en Lettres. Très impliqué dans la lutte contre le sida, il participe à la naissance d’Act-Up. Il vit actuellement à New York.
Ses romans : « La maison du bout du monde » (1992) – « De chair et de sang » (1995) – « Les heures » (1999) – « Le livre des jours » (2005) – « Crépuscule » (2011) – « Snow Queen » (2015) – « Ils vécurent heureux, eurent beaucoup, d’enfants et puis …» - (2016).
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mercredi 10 mai 2017

"La vérité à propos d’Alice de Katherine Webb.

Titre original : "The misbegotten.
Belfond 2015 - France Loisirs 2016.
700 pages.

Un secret de famille, des mystères ...  

Angleterre, 1821, Rachel Crofton, orpheline, de bonne famille mais ruinée pense échapper à sa condition de gouvernante et vieille fille en épousant un négociant de vins, Richard Weekes ; A défaut d’être amoureuse, il lui semble être un parti convenable. Installée à Bath, dans sa nouvelle condition de femme mariée, elle découvre un homme colérique et opportuniste. Pour tromper son ennui et sa grandissante déception, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn, une cliente et bienfaitrice de son mari. Elle rencontre son fils reclus, Jonathan, vétéran de la guerre d’Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les apparences masquent de profondes failles : pourquoi Jonathan réagit-il si vivement à sa vue ? Qui était Alice, sa fiancée mystérieusement disparue et à qui Rachel ressemble tant ?
Décidée à percer le secret de la maison Alleyn, Rachel n’a bientôt plus qu’une idée en tête : découvrir la vérité à propos d’Alice… Starling, une des servantes des Alleyn, très liée à Alice par le passé cherche à prouver la culpabilité de Jonathan ; elle le tient pour responsable de la mort d’Alice ; il n’y aurait pas de disparition ! Personnage tenace, amer, désabusé ; son unique but dans sa misérable existence est de faire éclater la vérité. Comme dans les précédents romans de Katherine Webb, ce personnage féminin de petite condition aborde
une attitude résolument féministe avant-gardiste.

Deux époques se chevauchent : la jeunesse d’Alice Beckwith (1803 -1809) et  douze ans après avec la vie de Rachel Crofton épouse Weekes (1821). Après un début un peu lent caractéristique de ce style de roman, l’histoire se met petit à petit en place avec son flot de personnages principaux et secondaires ; attention, tous ont leur importance ! Nous finissons par ne plus vouloir lâcher ce livre tant notre envie est grande de tout découvrir. 

Tout commence en 1803, lorsque Alice recueille une fillette qu’elle prénomme singulièrement « Starling ». Dans une ferme modeste de l’époque, nous apparait l’existence d’Alice entourée de sa gouvernante-servante Bridget , son bienfaiteur lord Faukes – personnage ambivalent – et le jeune Jonathan. Toute cette période nous est relatée par Starling. Alice, personnage absent et omniprésent n’est dévoilé que par le biais d’une tierce personne. Sa personnalité, son apparence nous fait l’effet d’un ange sur terre égaré parmi les siens. Ses sentiments, ses actions nous sont toujours racontés par une tierce personne. 

En 1821, nous retrouvons Starling et Jonathan plus âgés et vraiment différents. Starling, devenue servante après la disparition de sa « sœur » n’a plus qu’une obsession : prouver la culpabilité de Jonathan Alleyn. Jeune femme résolument têtue au caractère bien trempé, au regard acéré sur son époque et la condition féminine de son milieu. Ses jugements sont tranchants sur la caste bourgeoise et aristocratique anglaise. Quant à Jonathan, dévoilé comme un homme ravagé, blessé  par les traumatismes subis à la guerre d’Espagne, il ne semble pas pouvoir se relever de la disparition d’Alice et de ses souvenirs cauchemardesques. L’arrivée de Rachel, portrait troublant d’Alice fait l’effet d’un électrochoc qui déclenche les résurgences du passé submergeant le présent ; Tout est bouleversé, petit à petit les voiles se lèvent sur une Rachel, malgré son éducation de jeune femme de la bonne société anglaise, s’affranchit peu à peu d’une union décevante,  et cherche à connaitre la vérité. Elle est douce, généreuse et pleine d’empathie. Mme Joséphine Alleyn, mère de Jonathan, est l’archétype du personnage de bonne condition engluée dans son éducation, conservatrice et cache des secrets derrière un  masque de beauté froide et noble.

P 209 - "En pénétrant dans cette demeure, elle avait l'impression l'impression de sortir du temps et de l'espace, d'entrer dans un monde où les règles familières ne s'appliquaient plus, où tout pouvait arriver".

p 328 - "Ne plus jamais s'exposer au risque de la douleur. Mais en se cachant comme il le fait, il s'enferme dans ses souvenirs et dans ses cauchemars. En vérité, je pense que le plus grand obstacle à son retour à la santé, peut-être le seul, c'est que ... c'est qu'il ne le désire pas".

Impossible d’en écrire plus sur les personnages et l’intrigue sans divulguer toute la trame de l’histoire. Au fil des chapitres, tout s’enchaine et tous les détails ont leur importance. L’atmosphère est bien rendue grâce aux belles descriptions de la ville de Bath sous un automne et un hiver rigoureux, accentuant le côté dramatique. La formidable plume de l’auteur nous happe dans son univers et nous suivons les personnages dans leur existence. Nous vivons, nous souffrons avec eux.  

p 253 - "Pourtant quand la maladie de l âme nous désespère, les poètes sont de vieux médecins réputés, qui, à notre esprit tourmenté offrent en remèdes les exemples du passé". Sir William Duvenant.

La romancière Katherine Webb est l’héritière des grandes romancières anglaises.  Elle nous offre un formidable roman sur l’amour, la perte d’un être cher dans une ambiance sombre, d’une grande noirceur ! Une connotation féministe reste toujours présente avec tous les différents personnages féminins. Par certains côtés, Rachel m’a rappelé Jane Eyre de Charlotte Brontë. Un grand coup de cœur, une lecture qui ne laisse pas indifférente … Je conseille ce roman  aux amoureux de mystères, de secrets de famille, d’atmosphère sombre, de belles et longues descriptions ; Lecture intense en perspective.

p 541 - "Dehors, le vent malmenait les arbres et sifflait dans les fissures et les recoins de la cité, mugissant comme un océan affamé. La maison bougeait et grinçait autour d'eux, des courants d'air se glissaient au-dessous des portes et des fenêtres, le long des cheminées et sous les tuiles".

Un petit aparté : un grand merci à la traductrice Florence Bertrand qui a su si bien traduire l’atmosphère de ce roman ; un style irréprochable qui laisse à penser à une belle écriture française …

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Née en 1977, Katherine Webb a étudié l’histoire à l’université de Durham. ; Elle vit aujourd’hui dans la campagne du Berkshire. 
" L’Héritage " (Belfond, 2011), son premier roman, a été un Best-seller en Angleterre et finaliste du prestigieux Galaxy Award ; suivent trois autres ouvrages, "Pressentiments" (2013), " À la claire rivière " (2014). 

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lundi 24 avril 2017

"Le manuscrit perdu de Jane Austen" de Syrie James.

Hachette 2014 - Milady 2015.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau.
472 pages.


De retour en Angleterre, avec son compagnon le docteur Stephen Théodore qui participe à un symposium médical à Londres ; Samantha Mc Donough retourne à Oxford où elle était étudiante en littérature anglaise ; Nostalgique, elle furète chez un libraire et découvre un vieux recueil de poèmes datant de plus de deux cent ans. A l’intérieur, cachée, une lettre de 1816 qu’elle attribue d’emblée à son auteur fétiche Jane Austen. Belle coïncidence, sa thèse non terminée portait sur cette romancière anglaise du début du XIXème siècle ! Cette missive adressée à sa sœur mentionne un septième et premier livre de Jane Austen, resté à l’état de manuscrit et surtout égaré. Son enquête l’emmène à Greenbriar dans le Devon où le séduisant maître des lieux, Anthony Whitacker (tout d’abord réticent) l’aide à fouiller la demeure. Ils découvrent assez vite les feuillets ! Ensemble, ils découvrent ce roman inédit : « les Stanhope »

En parallèle, Syrie James écrit dans la veine de Jane Austen un premier manuscrit qui reprend tous les codes et les références des œuvres futures, rendant son authenticité indéniable. Donc, deux histoires, deux romans, dans un seul livre ! Les histoires s’entrecroisent.

L’histoire du manuscrit raconte l’existence de Rebecca Stanhope, fille de pasteur, héroïne bien élevée, instruite, aimante et dévouée. Son père discrédité, perd sa charge. Nous les suivons dans leurs diverses  pérégrinations. Pugnace, Elisabeth n’a de cesse de défendre son père. Dans ce texte, nous retrouvons toute la panoplie des personnages de Jane Austen Les bourgeois et les aristocrates imbus de leur fortune, de leur situation et dont l’austérité de mœurs, de manières, cachent des égoïstes et une certaine  bassesse de caractère. (Les personnages d’Amélia Davenport, du docteur Jack Watkins, et Mr et Mrs Newgate de bath ; par exemple.)  Nous avons là une belle étude de mœurs de la société anglaise du début du XIXème siècle.

Jane Austen.
Les codes et les styles de Jane Austen sont respectés, et pourtant je n’ai pas été emballée par l’histoire omniprésente ; plus de la moitié de la fiction ; elle laisse une impression de plagiat, de copie à la Jane Austen !  Le récit est lourd trop à la manière de … comme … J’en rajoute même, je me suis ennuyée avec Rebecca et tout son petit monde bien pensant et bien comme il faut, en apparence. Trop d’importance est accordée à la lecture de cet éventuel manuscrit. Il manque une quête, du suspense, des descriptions longues et pourquoi pas une romance plus étudiée entre Samantha et Anthony, les personnages secondaires manquent d'étoffe  … 
La fiction contemporaine est expédiée voire négligée ; pourtant, Syrie James connait à fond son sujet : la littérature anglaise et plus particulièrement Jane Austen et ses vrais personnages. 
Malgré tout, nous ne sommes pas rassasiés. Il manque un je sais quoi de plus fluide, comme dévoiler le manuscrit par petites touches, prolonger la découverte du manuscrit, rendre son authenticité plus difficile, semer d’embûches les recherches de Samantha … Encore une fois, tout est trop facile !

Roman terminé, sans être trop acide, je l’ai plus perçu comme un exercice de style de l’auteur : Je peux écrire, reproduire le style et la trame des romans de Jane Austen, quitte à produire un nouveau roman et abuser ou séduire les lecteurs.

Et pourtant, ma lecture avait bien commencé :

"J’avais repéré le livre au sommet d’une pile de volumes poussiéreux entassés sur une table de l’arrière-boutique : négligé ; ignoré. Il n’était guère joli, dans sa reliure temporaire, initiale, ses pages cousue à la va-comme-je-te pousse à l’intérieur d’une couverture bon marché l’aspect cartonné, son titre imprimé sur une petite étiquette en papier collée sur le dos. " (p 10).

Après tout, je suis peut-être devenue trop exigeante avec le temps et mes trop nombreuses lectures …
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Syrie James est née à Poughkeepsie dans l’état de New-York. Après une carrière télévisuelle en tant que scénariste, elle se consacre à l’écriture de fictions historique. Elle s'inspire de chefs-d’œuvre de la littérature anglophone et les remanie. Syrie James est une référence en romance historique. Ses autres romans : « Le journal secret de Charlotte Brontë » (2016) – « Dracula, mon amour » (2012).
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jeudi 6 avril 2017

"Ecriture, mémoires d'un métier " de Stephen King.

2001 - Editions Albin Michel. 2003 - Le livre de poche.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par William Olivier Desmond.
350 pages.


Toujours très intéressant et émouvant lorsqu'un écrivain ouvre les portes de son jardin secret. Ici, Stephen King se raconte personnellement et dévoile ses astuces et manies d’écriture.

La première partie dépeint par touches désordonnées son enfance et son adolescence dans un milieu modeste et mono parental (il n’a jamais connu son père). Ses souvenirs sont choisis, sa mémoire volontairement ou non sélective. Petit aparté, ses baby-sitters sont assez spéciales, de quoi choquer un enfant !  Quant aux soins prodigués pour une otite peuvent inspirer une séquence de film dans un hôpital désaffecté ! Sa partie « C.V » reste sincère et touchante, le personnage « Stephen King » prend forme … Ses premiers écrits, il les soumet à sa mère qui l’encourage toujours. Certains détails de sa vie ont servi pour ses romans. Deux camarades de cours, au destin sinistre, ont servi de modèle pour le personnage de Carrie ; son milieu socio culturel se retrouve dans beaucoup de ses œuvres. Très jeune, il a composé des brefs récits du genre épouvante.
Elle s'applique probablement plus facilement au genre et thèmes abordés par l' auteur. (Pour corroborer : son aversion de la technique des " flash-backs", bien utilisée par Daphné Du Maurier dans son roman "Rebecca", un genre vraiment différent !).  Très souvent, il utilise le lecteur comme un paravent pour justifier ses choix dans l'écriture de ses romans.

"Je m'appuie bien plus sur l'intuition, et cela parce que mes livres ont tendance à se fonder sur une situation plutôt que sur une histoire"  (p 194). 
Bangor, dans le Maine
Ensuite, il narre ses difficultés à être publié, les refus épinglés aux murs, les annotations, les premiers conseils reçus. Adulte et marié, professeur dans un lycée, sans détours, il aborde ses difficultés financières jusqu’à la consécration en 1974 avec la publication de «Carrie», premier pas dans sa carrière littéraire. Toujours avec franchise, il dénonce ses addictions à l’alcool et aux diverses drogues, paravents chimériques nécessaires à la création. Il rend hommage à sa femme, plein de tendresse et d’amour ; une aide précieuse contre ses dérives et elle tient le rôle de « premier lecteur » et son opinion est très précieuse !
Les parties « boîte à outils et écriture » nous conseillent pour écrire un bon roman. Dans un style direct et sans appel, il partage son expérience d’auteur. Sous couvert de comparaisons qu’il affectionne, il ouvre sa boîte à outils et nous offre tout son matériel d’artisan romancier car écrire c’est avant tout un métier avec apprentissage et pratique. Les bases à maîtriser : le vocabulaire, la grammaire, l’orthographe, la syntaxe ; et surtout lire, lire et lire … Avec lui, pas de muse penchée sur un berceau ! Du travail et encore du travail et avec toutes ses astuces, il passe en revue la langue, les personnages, les brouillons et les horaires de bureau à respecter. Stephen King milite avec force conviction contre l’utilisation d’adverbes de manière, pour la suppression de la voix passive et de la structuration des paragraphes.
Au passage, il écorne le milieu littéraire américain, la bonne société intellectuelle et insiste fièrement sur son étiquette d’auteur populaire !
Certains passages du livre évoquent des traits caractéristiques propres à l’édition américaine, et à leur culture de l’écrit. Très critique à ce sujet, il me semble quand même moins hermétique qu’en France.  Parfois, il nous perd un peu ! En exemple, les cours pour être romancier ; et cette curieuse manie de compter les mots d’un roman !
Il termine cet essai par son accident de la route où il a failli perdre la vie ; l’écriture a été comme un exutoire !  L’écriture est une forme d’expression, d’épanouissement, un plus financier mais pas au détriment de la vie personnelle.
Connaître, découvrir un auteur, voilà le genre de livre que j’aime. Toujours captivant d’aborder la naissance d’une écriture et en l’occurrence, ici celle de Mr Stephen King. Les mémoires d’un grand homme restent toujours très attachantes et captivantes … Cet essai reste un hommage à l’écriture. Gardons à l'esprit que ce texte sur l'écriture est très subjectif, ce n'est pas un manuel d'écriture ; une méthode très personnelle du romancier qu'il a souhaité partager. 

« L’un des plus grands attraits de la lecture a toujours été cette progression en bateau de croisière, luxueuse et nonchalante » (p 264).

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Stephen King , romancier américain est né  le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine (Etats-Unis). Il a publié son premier roman en 1974 ("Carrie "), devient rapidement célèbre dans le domaine de l’horreur.   Il a également écrit des livres relevant d'autres genres comme le fantastique, la fantasy, la science-fiction et le roman policier. Mondialement connu et auteur prolixe, je n’énumérerai pas tous ses romans, liste trop exhaustive et qui n’est pas le but de ce petit billet. En plus, je l’avoue, je ne suis pas une grande adepte du genre horrifique ; alors je ne citerai que  ses romans lus, mélange de paranormal et de fantastique : "Salem" (1975), "Shinning" (1977), "Çà" (1986),"Sac d’os" (1998).
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