vendredi 21 décembre 2018

"La bibliothèque des citrons" de Jo Cotteril.

Loin des yeux, près du cœur ...

2017 - Fleurus - France Loisirs.
Traduit de l'anglais par Charlotte Grossetête.
360 pages.

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En Angleterre,Calypso, 10 ans, vit seule avec son père. Enfant solitaire, elle s'isole dans la lecture ; un monde qui tisse un lien avec sa mère trop tôt disparue.Artiste peintre et elle aussi grande lectrice, elle lui a laissé en héritage des toiles lumineuses et des bibliothèques pleines.La jeune Calypso attend   avec impatience l'âge de pouvoir dévorer les livres de sa mère, un trésor bien à l'abri .  Une tête remplie d'imaginaire et un frigidaire malheureusement vide. Son père survit au deuil, étouffé par sa peine, dépressif ; il cherche à endurcir  le caractère de sa toute jeune fille. Elle doit puiser dans sa "force intérieure" pour résister face à l'adversité. La solitude en est un des moyens. Lui, passe ses journées à rédiger l'oeuvre de son existence : un dictionnaire exhaustif sur les citrons ! Leur chagrin est contenu, les larmes ne s'invitent pas de leur quotidien. Mature, réfléchie et forte avant l'âge, Calypso s'assume, s'occupe du foyer et de son père. Les rôles sont quelque peu inversés. Un jour de classe ordinaire, elle rencontre une nouvelle, la jeune Mae et leur amitié va éclater sa bulle de confort et l'ouvrir à d'autres horizons ... 

Avec les yeux d'une enfant, ce récit aborde des thèmes forts tels que l'amour, l'amitié et le deuil. Le plaisir de lire prend la place du roi. Preuve que la magie des mots, la force d'une fiction révèlent l'intelligence et l'acuité chez les jeunes enfants. Calypso et Mae partagent leurs lectures et leur rêve d'écriture. Une belle ode à la lecture !


C'est aussi une histoire pleine d'espoir, deux êtres perdus dans les livres et leur douleur qui renaissent grâce à l'entraide et l'amitié sincères ; une nouvelle force s'insuffle face aux terribles aléas de la vie. Le deuil est une traversée mais elle ne s’effectue pas obligatoirement  en solitaire. 


Il nous est impossible de rester insensible à la souffrance de cette enfant et de son père. Tout est est narré avec pudeur avec les yeux et le langage de la jeunesse. Un récit tout en douceur et quelque peu amer qui met en exergue le problème des enfants obligés bien malgré eux d'assumer un parent désorienté et en souffrance ! Pourtant cette fiction n'est pas un drame mais plutôt une belle brise d'espoir et de bonheur simple ; une lecture qui fait du bien à glisser entre toutes les mains ...
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Jo Cotterill a été actrice, enseignante et technicienne en pyrotechnie, mais elle préfère mieux écrire pour le plus grand plaisir des enfants et des jeunes adultes. D'origine britannique, elle a déjà publié plus d'une trentaine de romans.
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mercredi 26 septembre 2018

"Le château de Cassandra" de Dodie Smith.

Le journal d'une jeune fille en fleurs !


Gallimard jeunesse 2004
Traduit de l'anglais par Anne Krief.
557 pages.
Cassandra, jeune fille anglaise de 17 ans vit dans la campagne du Suffolk dans un château aux origines médiévales, en grande partie en ruine avec des pièces de vie délabrées au confort plus que succinct. Ses descriptions rappellent certains manoirs gothiques de la littérature anglaise. Elle nous raconte sa vie et celle de sa famille dans son journal à l'écriture codée dite rapide dans un souci d'économie de papier et de protéger son intimité. L'écriture est sa passion et une manière de relativiser sur son existence faite de privations et quelque peu extravagante.

"J'écris ces mots assise dans l'évier de la cuisine. Ou plutôt les pieds dans l'évier ; car le reste de mon corps est sur l'égouttoir où j'ai posé la couverture du chien et le couvre-théière." (p 7) - La première phrase du roman et nous sommes happés dans un château en ruine au cœur des années 1930.

En trois cahiers,  elle se dévoile. Nous découvrons un entourage fantasque à l'existence un peu bohème, vivotant au jour le jour de peu d'expédients. Dans la famille Mortmain, nous avons le père, l'auteur d'un seul livre qui par le passé a connu un succès retentissant. Depuis, il se refuse à écrire après un tragique mélodrame conjugal.  Personnage loufoque et bien souvent dans son monde, plutôt égoïste,  il s'isole et lit des romans policiers ; rien à voir avec une figure paternelle protectrice et forte. Nous avons la belle-mère "Topaz", femme à la beauté singulière, modèle de peintre, probablement hippie avant l'heure. Nous avons aussi la sœur aînée "Rose", jeune beauté lumineuse qui souffre le plus de leur situation miséreuse. Elle rêve d'un beau mariage, d'une vie aisée et elle semble prête à tout pour réussir. Il y a aussi le petit frère, "Thomas", jeune adolescent intelligent et le jeune "Stephen", homme à tout faire de la maisonnée, épris depuis toujours de Cassandra. Et sans oublier "Héloise", la chienne bull-terrier et le chat "Abélard" ! Et un petit mot, sur miss Blossom, vieux mannequin de couturière que les sœurs font parler  pour égayer leurs tristes soirées d'hiver.

"J'étais lois d'imaginer ce que la soirée me réservait : il nous est véritablement arrivé quelque chose ! Mon imagination meurt d'envie de se déchaîner et de tirer des plans sur la comète ; mais j'ai remarqué que lorsqu'on imagine des choses, elles ne se produisent jamais dans la vraie vie, donc, je me retiens." ( p 65) 


Un beau jour, le château de cartes vacille avec l'arrivée inopinée de deux jeunes américains héritiers du propriétaire du château, du manoir "Scoatney Hall" et de ses environs. Simon et son frère Neil Cotton tombent sous le charme ! Et nos jeunes filles aussi !   Cette arrivée bouleverse  l'existence  de toute la petite famille. Ainsi, nous partageons les événements qui jalonnent la vie au château avec ce qu'il faut de sensibilité et d'ironie.
Ce roman, le journal de Cassandra est écrit avec beaucoup d'humour, il pétille de péripéties cocasses et drôles et ponctué de myriades de tendresse. La jeune héroïne brille de mille feux par son intelligence, son esprit vif et sa gentillesse. C'est véritablement une belle personne, pleine de compassion, d'amour.  Une jeune fille comme nous aimerions en connaitre beaucoup ! Sa philosophie de vie face à sa situation précaire est remarquable, une belle leçon de vie qui nous pourrions appliquer, se réjouir de plaisirs simples, oublier les futilités .  Ces nouveaux voisins inspirent cette jeune apprentie romancière et l’aiguillonnent dans ses écrits toujours plus vifs et spontanés. Une effervescence s'empare des vieilles ruines poussant ses occupants vers l'avenir, les dépoussiérants de la misère ! Finie la monotonie, adieu la solitude ! Sorties, danses et musique (un soupçon de baroque  avec Bach) résonnent et claquent dans la campagne endormie. Tout cela sous l’œil vigilant de l'aristocratique tour Belmotte ! 

"Oh, je meurs d'envie de tout raconter dès le premier paragraphe, mais non, je ne ferai pas ! C'est l'occasion ou jamais pour moi d'apprendre le grand art du suspense." ( p 261)

J'ai tout de suite été charmée par le style de l'auteur, les aventures romanesques de Cassandra. Les personnages restent attachants, un roman jeunesse à glisser entre toutes les mains à consonance initiatique. Passionnée de littérature, j'ai apprécié les références aux œuvres des sœurs Brontë et de la très célèbre et très en vogue de nos jours : Jane Austen. Inutile de s’étendre sur les nombreux clins d’œil faits aux poètes anglais pour notre plus grand ravissement ! Une ode à la passion de la lecture ! Le récit évoque des thèmes similaires : la condition sociale, les premières amours, les belles demeures et mêmes les bals de contes de fées.Un roman à l'anglaise comme je les aime. A savourer, dans un bon fauteuil, avec une bonne tasse de thé bien chaude et parfumée accompagnée de madeleines bien fondantes ...

"Tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir ressenti un immense bonheur, un bonheur de l'esprit et du cœur, qui s'est répandu dans tout mon corps, un bonheur qui ressemblait à la chape de soleil qui m'enveloppait quand j'étais sur la tour." (p 362)

"Et la robe noire n'avait pas été la seule chose à me faire grandir." (p 443)
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Dorothy, Gwladys dite Dodie Smith (1896-1990), est une romancière anglaise, dramaturge et scénariste très connue pour son livre jeunesse "Les 101 dalmatiens". "Le château de Cassandra" a été publié en 1949. 
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mardi 28 août 2018

"Summer" de Monica Sabolo.

2017 - JC Lattès.
2018 - France Loisirs.
316 pages.

Mémoire en eaux troubles …


"Dans mes rêves, il y a toujours le lac" 

En Suisse, Benjamin le narrateur, jeune homme de plus de 35 ans, est en proie à de violentes crises d’angoisse qui l’empêchent de mener une vie sociale normale. Il est suivi par un psychiatre et essaie de libérer des flots de paroles et actes enchaînés dans le passé. Réfugié dans un studio dès plus modestes, il se souvient de sa sœur aînée, Summer ; disparue subitement à l’âge de 19 ans lorsqu’il était adolescent. Envolée, un jour d’été au bord du lac Léman. Sa dernière vision, fugitive, d’une jeune nymphe blonde aux longs cheveux de soie qui s’évapore au milieu d’immenses fougères. Depuis près de 24 ans, plus de nouvelles, le silence face  aux interrogations silencieuses : fugue, enlèvement, noyade, assassinat ! Petit à petit, les parents se murent dans un mutisme des plus troublants. Au sein de la famille, plus d’échanges, la communication se rompe. Chacun se referme sur ses silences et les apparences.  Et, subitement, suite à une odeur particulière sur son lieu de travail, Benjamin se rappelle sa sœur, son enfance et sa jeunesse dorée près du Léman. Sa mémoire, volontairement ou inconsciemment l’avait rejetée dans les oubliettes de  la douleur. Et maintenant, dans ses cauchemars, elle lui apparaît telle Ophélie, vêtue d’une chemise de nuit bleue qui glisse au fond de l’eau entourée d’une myriade de poissons aux couleurs des plus fantaisistes.

"La nuit, Summer me parle sous l'eau. sa bouche est ouverte, palpitante comme celle des poissons noirs."  p (13).

 Les cauchemars aqueux rejettent sur les rives des souvenirs d’enfance, des apparitions où l’angoisse craquelle le vernis des apparences d’une famille bourgeoise aux silences et secrets enfouis dans la vase du lac. Le narrateur, souffre dès son plus jeune âge, de troubles  et des tics, l’opposé de sa sœur, figure solaire, douée et aimée par la vie ! Nous le percevons à peine plus présent que sa sœur disparue ; un homme fantomatique rongé par le drame et les secrets familiaux qu’il a engloutis au plus profond de lui-même. En pénombre, le vilain petit canard ne se transformera jamais en cygne majestueux !

L’eau, personnage à part entière, troublant et menaçant suggère des réactions émotionnelles aux évènements une suggestion onirique que le rêveur refuse ou ne comprend pas. Benjamin possède peut-être, au fond de lui, la clé de la porte qui s’ouvrira sur la scène des révélations. Adulte, il cherche malgré sa douleur à comprendre, petit à petit, le passé resurgit …

"La nuit, je plongeais dans un sommeil profond, peuplé de rêves intenses, et le jour, toutes sortes de souvenirs me revenaient à l'esprit, c'était une rivière brassée, un torrent puissant qui retournait tout ce qui reposait là-dessous, quelque chose de gluant et qui remontait à la surface, filant à toute vitesse dans le courant, nettoyé par l'eau vive." p (27)
    

La romancière a su m’immerger totalement dans son univers ; une quête bouleversante sublimée par une écriture juste aux accents poétiques. J’ai cherché à reprendre mon souffle aux côtés  de Benjamin ; à ne pas sombrer et me noyer dans les abysses d’un passé violent. Un drame familial très bien construit, naviguant entre les rives du passé et du présent. Tous les personnages restent malgré eux hantés par cette disparition et même la fin ne dévoile pas toutes les parts d’ombre. Un récit lu d’une traite ou presque qui m’a tenu en haleine. C’est un très beau texte tout en atmosphère, toujours en attente face à l’absence d’un être adoré. Un livre beau et sombre !!!

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Née en 1971, Monica Sabolo est l'auteur de « Le Roman de Lili » - (2000) -,  « Jungle », (2005), «Tout cela n'a rien à voir avec moi» (prix de Flore 2013), et de «Crans-Montana», Grand Prix de la SGDL 2016. «Summer» (2017).
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lundi 23 juillet 2018

"Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena.

Croquis d'une histoire familiale ...

2010 - Editions Anne Carrière.
Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss.
268 pages.


"En entrant, je fus de nouveau happée par l’odeur de pomme et de vieilles pierres qui arrivait à ma rencontre."
 (p 29)

Dans un petit village du nord de l’Allemagne, en été, Iris, la narratrice assiste aux obsèques de sa grand-mère maternelle, Bertha. Bibliothèque à l’université de Fribourg, elle retrouve sa mère Christa et ses deux tantes Harriet et Inga. Elle hérite de la maison familiale et décide de s’y installer quelques jours, le temps pour elle de décider quoi faire de cet encombrant héritage. Elle n’envisage pas forcément de la garder. Elle franchit  de nouveau le seuil de cette vieille demeure et alors tous ses souvenirs refluent et la happent vers un passé familial émouvant, tragique.  Un séjour de mémoire et deuil qui s’impose bien malgré elle. L’horloge du temps égrène l’histoire de trois générations de femmes par touches très subjectives sans forcément d’ordre chronologique. Un voile se soulève sur l’existence de Bertha et de sa sœur décédée trop tôt, dans ce coin d’Allemagne  rural , bercée, l’été (saison chaude à l’honneur dans le récit) par le parfum aigre-doux des pommes mûres dont la famille semble apprécier les différentes saveurs. Suite à flots d’images et  à des échos de discussions qui résonnent de nouveau, Iris relate certaines facettes des filles de Bertha et de ses petites filles : elle et sa cousine Rosemarie, morte tragiquement, l’été de ses seize ans.  La présence de la maison dévoile des réminiscences oubliées volontairement ou pas, des secrets de famille tus ; un témoin silencieux de jeunesse fougueuse, parfois méchante et ambiguë  qui cherche à s’affirmer dans la joie et dans les drames. Le ton est subjectif, pas forcément en adéquation avec la réalité, c’est vraiment l’interprétation d’Iris avec ses défauts et ses failles. Cela ne nuit en rien à la fiction familiale.

"Et soudain, j’ai senti ma gorge se nouer et je n’ai pu m’empêcher de pleurer parce que tout avait été à la fois si terrible et si beau. " ( p 36)

Un roman résolument féminin où les hommes, en second plan, apportent les touches d’autorité, de tendresse et d’amour patient. Une belle romance toute en pudeur et timidité s’installe. Le maître mot du roman reste celui du souvenir, enrobé d’oubli, aux effluves sucrés d’un présent alangui par l’été en quête d’un avenir plus épanoui.

"A travers le jardin écrasé de chaleur, je m’en retournai vers la maison. Une grande libellule bleu-vert surgit au-dessus des buissons comme un souvenir, s’immobilisa un instant puis s’évanouit." (p 100)

Un beau roman qui parle de famille et  porte de belles pages, empreintes de poésie, remplies de sensibilité, de mélancolie, de douleurs silencieuses et aussi d’espoir. Une belle découverte que je dois à sa couverture au charme suranné d’une vieille jaquette botanique. Et aussi, l’envie de connaître un peu mieux la littérature allemande et ses auteurs. Des bases dites classiques ou scolaires telles que : Goethe et " Les souffrances du jeune Werther" - Hoffmann et ses "Contes fantastiques" " ; voilà pour ceux qui me traversent l’esprit ; d’autres viendront certainement frapper aux portes de ma mémoire ! Mais, sans mentir, il est vrai que je manque de solides bagages en littérature de langue allemande, à corriger au plus vite …

Lire sans retenue, pour tous ceux et celles qui aiment se plonger dans les romans au charme savoureux du souvenir, où le passé enveloppe les vies d’un lourd manteau noir recouvert de nostalgie où les maisons hantent les récits de leur empreinte indélébile où le passé se drape de malheurs et d’infortune !!!



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Katharina Hagena, est née en Allemagne en 1967. Spécialiste de l’œuvre de Joyce, elle enseigne la littérature anglaise et allemande à l’université de Hambourg. Son premier roman « Le goût des pépins de pomme » (2010) remporta un triomphe outre-Rhin ; il a été suivi de deux œuvres : «L’envol du héron » (2013) et  « Le bruit de la lumière » qui sortira en août 2018.

jeudi 21 juin 2018

"Brooklyn follies" de Paul Auster.


Un hymne aux gens ordinaires …
2005 - Actes Sud -
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christine Le Bœuf.
364 pages.

"Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des livres." (p 362)

Le narrateur Nathan Glass, retraité, cancéreux en rémission cherche « un endroit où mourir ». Il s’installe dans le quartier de son enfance, Brooklyn. Son installation donne lieu à tout un tas de souvenirs. Sa famille brisée, décès tragique d’une sœur, divorcé et fâché avec sa fille unique, Rachel ; il se sent seul et monte un projet d’écriture un peu fou sur "toutes les gaffes, tous les lapsus, tous les embarras, toutes les stupidités, toutes les actions ineptes." (p 14) Ce récit, il l’appelle pompeusement le livre de la folie humaine ! Il y consigne ses déboires et aussi les mésaventures de son entourage proche ou lointain entourage. Un vaste programme … Petit à petit, il prend ses marques dans le quartier. Un jour, par hasard, dans une librairie d’occasion et de livres rares, il rencontre son neveu, Tom Wood, employé dans l’établissement. Naturellement, ils se retrouvent autour d’une table du Diner Cosmic, servis par la charmante Marina. Gentiment, ils y discutent de littérature, de leurs vies et famille, de la société américaine et de politique. Le futur pointe son nez et leur réserve bien des surprises et des rencontres hautes en couleur qui modifieront le cours de  leurs existences.
Paul Auster, pour notre plus grand plaisir, nous offre une profusion de personnages : Nathan Glass, à la vie tranquille ; Tom Wood, sympathique et timide jeune homme qui cherche sa voie ; mais aussi Harry Brightman, libraire excentrique, au passé d’escroc, toujours prêt à se jeter dans des combines douteuses, malgré tout charmant et accueillant. Aurora, sœur de Tom et nièce de Nathan, adolescente rebelle et jeune femme sulfureuse dans ses choix de vie. Et sa petite fille, Lucy, gracile et débrouillarde qui s’impose sans un mot et surtout sans prévenir ! Et tant d’autres encore apparaissent dans des épisodes de tranches de vie où rencontres inattendues côtoient révélations troublantes à l’ombre de petits voyous, et d’actes stupides des hommes face à un joli sourire pour finir avec des rebondissements cocasses à l’aube d’une vie nouvelle.
Le romancier nous fait l’éloge d’un quartier où le bonheur est fait de petits riens, de moments entre amis, en famille ; de flâner et d’apprécier tout doucement le temps qui passe. Le paradis, c’est Brooklyn !!! – Le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel existence, le refuge intérieur qui permet de se sentir à l’abri des coups, dans une bulle toute cotonneuse ; et si nous pouvions lui donner vie, la rendre réelle et palpable !
Brooklyn, Park Slope.
"Je veux parler de bonheur et de bien-être, de ces instants rares et inattendus où la voix intérieure se tait et où l’on se sent à l’unisson avec le monde." (p 202)
Petite critique, on regrette le côté un peu trop caricatural du personnage d’Aurora, trop de clichés sur une même tête !
J’ai aimé sans conditions les évocations littéraires, les belles anecdotes sur certains auteurs, je pense à l’émouvante histoire de Kafka et la poupée !!! Ce roman reste une belle histoire familiale, intimiste, avec des protagonistes proches de nous avec leurs  faiblesses, d’une existence pas toujours maîtrisée où le hasard joue un rôle que nous ne reconnaissons pas toujours.
La force de ces chapitres de vies prend toute sa force et son importance le matin d’un apocalyptique jour de septembre 2001 qui ferme le roman …
" Mais pour l’instant, il était encore huit heures et je marchais dans l’avenue sous ce ciel d’un bleu éclatant, heureux, mes amis, aussi heureux qu’homme le fut jamais en ce monde." (p 364)

Aparté - Sous le charme de la plume du romancier, j'ai acquis deux autres de ses romans : "L'invention de la solitude" et "La musique du hasard". Des œuvres à dévorer cet été !!!


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Paul Auster, est né le 3 février 1947 dans le New Jersey, aux Etats-Unis. Une partie de son œuvre évoque la ville de New-York, notamment le quartier de Brooklyn où il vit. Il démarre sa carrière en traduisant des auteurs français tels que Stéphane Mallarmé, Jean-Paul Sartre. Écrivain très prolixe et mondialement connu, voici une petite énumération de quelques-unes de ses œuvres : L’invention de la solitude (1982) – Trilogie New Yorkaise (1987) -La musique du hasard  (1990) – le voyage d’Anna Blume (1993 ) – Brooklyn Follies (2008) – Sunset Park (2010) et son petit dernier qui rencontre un franc succès 4321 (2018).
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lundi 28 mai 2018

"The révolution of Ivy" T 2 d'Amy Engel.

2015 - Lumen -
Traduit de l'anglais (Etats-unis par Anais Goacolou).
322 pages.

Toujours sous le charme …

"The book of Ivy" a été une belle découverte ;  lu d’une seule traite, c’est enthousiaste que j’ai abordé la suite.

D’emblée, nous retrouvons la jeune femme, seule et jetée de l’autre côté de la barrière dans un milieu hostile. Dans les premières pages, nous ressentons vraiment son désarroi face à l’abandon des siens. Ce monde après-guerre, tant décrit, tant redouté où après un ultime conflit mondial toute civilisation a été éradiquée. Face à sa nouvelle destinée, pleine de rebondissements, une nouvelle Ivy s’affirme ! Elle tente de survivre et affronte courageusement les dangers. 

Ce second tome est très sombre, plus fort en émotions. Un récit riche en rebondissements avec de nouveaux personnages, nomades qui survivent en terre hostile, s’adaptant comme les anciens à la nature, formant de petits clans qui luttent âprement jusqu’à tuer pour survivre difficilement. Ce n’est pas sans rappeler des temps obscurs moyenâgeux. Le confort, les nouvelles technologies n’existent plus ; Finit le superficiel, les beaux jours à flâner le nez au vent. L’humanité a vraiment fait un bond en arrière dans le temps ! Inutile de perdre son temps à s’apitoyer sur soi-même …  Ivy s’adapte tant bien que mal ; la grande révolution s’opère. Elle devient une personne indépendante et libre d’agir et de penser par elle-même ; elle se détache de sa famille et trouve des amis sincères. La très attachante jeune femme se reconstruit dans la douleur et les nombreuses épreuves tout en restant malgré tout fragile.

"Le bonheur ne m'inspire pas encore entièrement confiance. Comme l'amour, c'est un état d'esprit que je dois apprendre." (p 205)

Fragile et toujours perdue face à ses sentiments amoureux pour Bishop. Une bien belle romance, toujours d’actualité se confirme et j’adore !!! Bishop n’a pas changé, posé, réfléchi, fort, intelligent, charismatique à souhait, une allure authentique de prince charmant et toujours amoureux. Le rêve, quoi !!!

Dans cette dystopie, la romancière aborde bien l’idée de survie au détriment de l’individu ; l’intrigue reste excellente, au suspense insoutenable quant à la fin de cet amour torturé entre Ivy et Bishop.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette série dans sa globalité ; une lecture qui m’a pris au dépourvu, toute en émotion ! Je vous recommande vivement cette duologie pour son univers si particulier et sa belle histoire d’amour … 

A vous de lire …


Un petit billet court, normal pour une suite, il est primordial de ne pas en dévoiler trop pour ne pas gâcher le plaisir de lire !!!



Lien vers le tome 1 "The book of Ivy" 



samedi 26 mai 2018

"Miroir" T2 ("Paranoïa") de Melissa Bellevigne.


Vraiment déçue, suite et fin trop facile …

2017 - Hachette (Black Moon) -
389 pages.
"Miroir" termine la première fiction de Melissa Bellevigne, plus appréciée sur la toile grâce à ses vidéos et son blog – Golden Wendy -où elle papote sur un peu tout : vie quotidienne, enfants et beauté etc.
J’avais apprécié le premier tome et par curiosité j’ai eu envie de découvrir ce que se passerait de l’autre côté du miroir !

Situons l’histoire : "Paranoïa" s’achevait sur la naissance du bébé de Judy ; un charmant bébé aux yeux verts émeraude. La psychiatre Lisa le tenait dans ses bras.

Qui est vraiment Judy Desforêt ? Une jeune femme perturbée par des hallucinations et des cauchemars jusqu’à en perdre la raison. La première partie du roman atteste cette version. Elle rejette totalement son enfant ; désire- t -elle une  nouvelle existence ? Manipule- t- elle son entourage et l’équipe médicale ? Ou bien est elle une victime, manœuvrée et brisée pour cacher une vérité sordide ? La psychiatre, pas vraiment objective se laisse complètement submerger par la souffrance de sa patiente et ses problèmes affectifs personnels. Elle devient la tutrice légale du bambin ; une attitude qui prête à controverse, pas vraiment digne de sa grande renommée !!!

L’enquête sur l’agression de Judy ne progresse pas et subitement apparaît un gentleman anglais prénommé Alwin qui s’inquiète du sort de la jeune femme. Et là volte- face totale, une nouvelle version s’esquisse … Et là le récit se déroule de lui-même sans grande surprise !!!

Tant pis, mes attentes d’une fiction fantastique flirtant avec l’espace temps, le paranormal, s’écroulent. Aucun doute ne persiste, plus de questionnements. Qui faut-il croire ? Hallucinations ou réalité déformée ? Tout s’envole … Un thème vu et relu sur le refoulement d’une enfant maltraitée qui balaye ses peurs et ses souffrances par des délires psychotiques. Rien de paranoïaque, non ?  Rien qui ne ressemble à un délire chronique, logique dans son développement avec un sentiment de persécution si caractéristique. Judy délire et affirme être suivie par un homme qu’elle seule peut voir depuis son enfance ; légèrement différent ! L’ami imaginaire qui perdure à l’âge adulte résulte plus d’un besoin de protection suite à un traumatisme.

Sinon la romance est mignonne et Alwyn charmant à souhait,  protecteur, amoureux avec un côté artiste bohème chic et aristocratique ; passionné par William Turner, peintre anglais du XVIIIème siècle. Un choix romantique qui cadre assez bien avec le personnage !!!

Autre bémol, l’agression à Londres, aucun médecin n’a consulté le rapport de police ; pas vraiment professionnel pour des psychiatres ou alors là je n’y connais rien, rien de rien …
Et puis, simple analogie avec le premier tome : tous les points fantastiques ou étranges n’ont pas trouvé une résonance explicative dans ce tome, simplement écartés ! Un aperçu, Judy voit et s’adresse depuis sa jeunesse à un ami invisible. Elle parle seule, s’énerve devant des proches, des témoins (camarades de classe, propriétaire de son logement)! En conséquence, si ce n’est pas Alwyn, qui était-ce ?

Bon, Il est vrai, je m’attache aux détails et je me pose toujours des questions quant au déroulement des intrigues. J’approuve les explications en général et les belles descriptions qui me jettent dans l’histoire. Décidément, cette fin m’a déçue et encore plus avec le dernier chapitre. Je ne dévoilerai rien pour celles et ceux qui liront cette suite. Pourtant, subjectivement, un retournement de dernière minute, inutile qui casse toute l’histoire ! Suppositions ou attentes formulées pour égarer le lecteur ; procédé maladroit qui ne diminue en rien ma déception de ce deuxième tome.

Peut-être rédigé en un seul volume, il n’aurait pas détruit mes attentes.

Lien vers "Paranoïa" T 1 de Mélissa Bellevigne.

lundi 30 avril 2018

"The book of Ivy" T1 d'Amy Engel.


Roméo et Juliette saupoudrés de dystopie, un régal !!!

2015 - Lumen -
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anais Goacolou
342 pages.


Sans préambule, nous sommes projetés, dans un univers post-apocalyptique aux Etats-Unis dans une petite ville fortifiée, Westfall. Ivy, 16 ans,  notre héroïne s’apprête à épouser le fils du président, Bishop,  lors d’un mariage arrangé. Un retour à des temps très anciens où les unions étaient décidées par les parents, dans le but de préserver une paix retrouvée. Donc, chaque second samedi du mois de mai, des jeunes gens des deux clans de la ville s’unissent.Deux générations, auparavant une guerre nucléaire a éclaté et décimé une grande partie de la population. Quelques survivants se sont rassemblés et ont fondé une nouvelle cité. Et comme l’humanité ne tire jamais les leçons de son passé, si violent soit-il ;  deux partis se sont affrontés pour le pourvoir : les Westfall (le grand-père d’Ivy) et les Lattimer (l’aïeul de Bishop). Les Lattimer ont gagné et depuis ils imposent leurs lois et directives en totale autarcie. La cité s’est coupé entièrement du monde extérieur, jugé trop dangereux. Personne n’entre ni ne sort. Seuls des criminels ou des opposants sont expulsés, condamnés à une mort lente ou violente !  L’humanité a fait un phénoménal bond en arrière.

De façon abrupte et naturelle, Ivy révèle sa mission : tuer son époux, Bishop Lattimer. Un crime qui déclenchera le coup d’Etat que prépare son père. Il désire renverser le pouvoir actuel et son système policé pour établir une démocratie et une société libertaire, du moins en apparence.
Ivy n’est jamais sortie de son quartier, elle a été élevée en vase clos par son père et sa sœur Callie. Une innocente et fragile jeune fille est jetée sur le devant de la scène ; Elle aborde avec angoisse sa nouvelle vie et est oppressée par le rôle sanglant qu’elle doit jouer. Si déterminant et si violent, sans choix possible, elle se doit d’obéir à sa famille. Ses atermoiements, sa prise de conscience, ses réflexions et ses sentiments naissants ne sont pas sans rappeler les héroïnes des tragédies grecques.

Bishop, bien malgré lui se retrouve avec l’étiquette du prince charmant. Il n’est pas cruel, violent et imbu de son rang et de sa personne. Avec ses beaux yeux vert émeraudes, son sourire ravageur et ses attitudes prévenantes, il déstabilise Ivy et la pousse à se poser les bonnes questions et aborder le monde dans lequel elle vit avec un regard neuf.  La jeune femme s’affirme , elle se détermine librement ; petit à petit elle agit, pense par elle-même. Ivy s’affranchit d’une tutelle paternelle, elle choisit et agit en fonction de sa propre volonté !!!

Ivy reste un personnage passionné et déterminé ; Bishop se définit plus comme un jeune idéaliste et juste dans ses raisonnements. Bien entendu, la romance se situe en première place, touchante et simple que nos deux héros effleurent à demi-mots … De beaux moments de tendresse …

Quant aux personnages secondaires, ils ne sont ni trop noirs, ni trop blancs ; ils se dévoilent tout au long de l’histoire expliquant les mensonges, la manipulation et  la situation difficile de la survie dans un monde hostile, plus du tout maîtrisé.

Tout de suite, j’ai accroché ! La romancière, Amy Engel a su me séduire par la plongée subite dans son univers fictionnel, une mise en place très habile et une découverte  progressive et linéaire  d’une intrigue dramatique et passionnante. Nous restons vraiment dans l’attente perpétuelle. Son écriture reste fluide sans être plate, son récit est riche en descriptions soignées, cette nouvelle humanité prend vie dans notre esprit. Chaque détail est voulu et bien pensé. 
N’ayons pas peur des mots, l’auteur a du talent, elle a su nous faire passer par une multitude d’émotions : l’attente, la peur, la colère, la joie. Plus personnel, j’ai ressenti ce qu’éprouvait le personnage d’Ivy.
J’ai adoré ce premier tome et une fois fini, une seule envie : connaître la suite et se replonger dans l’univers d’Ivy. Et …

Je l’ai dans ma bibliothèque …

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Née au Kansas, Amy Engel a passé son enfance dans divers pays du monde (Iran, Taïwan) et  elle a vécu un peu partout aux États-Unis, de la Californie à Washington D.C.  Actuellement, elle vit dans le Missouri. Avant de se consacrer à plein temps à l'écriture, elle a exercé le métier d'avocate.

"The Book of Ivy" (2014) est son premier roman,  The révolution of Ivy , le tome 2 parait en 2015 ; et dans une registre totalement différent en 2017 sort les filles de Roaneke.
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samedi 31 mars 2018

"Un fragile espoir" d'Hannah Richell.

2013 - Belfond.
Traduit de l'anglais par Michèle Valencia.
424 pages.

A chacun sa boite à Pandore ...


Le roman s’ouvre sur une scène terrible : une jeune femme se jette dans la Tamise. Qui est-elle ? et surtout, pourquoi un tel geste, si désespéré ?
Dora, jeune femme enceinte, brisée par son passé, souhaite vaincre ses démons qui la hantent et l’empêche d’avancer dans son existence et d’apprécier pleinement son bonheur. Elle décide d’annoncer la nouvelle à sa mère et peut-être d’amorcer un début de dialogue rompu à son adolescence. Avec appréhension, elle retourne à Clifftops, la maison familiale dans le Dorset. Une campagne tranquille qui abrite des baies isolées, des plages de sable et des falaises impressionnantes. Le paradis sur carte postale où dix ans plus tôt, son jeune frère, Alfie, de 4 ans est décédé accidentellement. Depuis, un terrible sentiment de culpabilité la ronge accentué par l’attitude et les paroles de sa mère qui résonnent sans fin. Ce drame conduira à l’éclatement et au déchirement de toute la famille Tide. Tous éprouvent cette émotion insidieuse et omniprésente : la culpabilité. Ils se reprochent de ne pas avoir assez aimé ou protégé le plus jeune et le plus fragile d’entre eux.

En parallèle, ce roman nous emmène à suivre les traces passées et présentes de trois femmes ;  deux sœurs Cassie et Dora et leur mère Helen. Les chassés-croisés entre deux époques et les différentes voix narratives nous dévoilent les choix individuels, les circonstances du drame. Nous nous attachons aux personnages dans leur deuil, leur colère, et leur l’angoisse continuelle. Les relations se compliquent.

  "Elle pleure une décennie de regrets et, à nouveau, le petit être qu’ils ont perdue à jamais." (p 178).

"Helen acquiesça, mais elle sentait son cœur se briser lentement, comme une bûche à moitié consumée qui s’effondre sur un tas de cendres froides." (p 205).

L’état dépressif d’Helen, alternance de tristesse et d’apathie, provoque chez elle l’idée qu’elle ne récupérera jamais le goût de vivre. Elle renonce à ses deux filles, refuse de communiquer avec son entourage et s’enferme peu à peu dans cette maison campagnarde qu’elle appréciait si peu ; un mausolée de souvenirs et de châtiments. Les deux adolescentes grandissent, seules, suivant leur personnalité, elles abordent  l’accident différemment. Cassie se révolte, elle refoule sa tristesse derrière une grande colère,  jusqu’à vouloir fuir, s’échapper. Dora se referme sur elle-même, solitaire et brisée. Nous partageons la tourmente et les souffrances de toute une famille. Seul, le père Richard ne s’exprime pas. Nous connaissons ses états d’esprit seulement par ses dialogues et attitudes.

"Chacune semblait enfermée dans sa sphère privée de souffrance et ne pouvait s’approcher des autres, incapable de les regarder en face, de leur parler du tourment qu’elle endurait. Elles avaient été brutalement séparées, comme les feuilles jaunissantes qui commençaient à tomber en voltigeant au vent d’automne glacial. " ( p 209).

L’utilisation prononcée d’analepses nous éclaire sur le passé des personnages et leur psychologie. La mort tragique du jeune Alfie renvoie tout son entourage à leurs limites et leur impuissance. Comment faire face au chagrin ?  Comment survivre et continuer à éprouver des sentiments ?

J’ai beaucoup aimé l’écriture  d’Hannah Richell ainsi que le schéma de son roman. Malgré le thème abordé, la mort tragique d’un enfant et ses conséquences : vies brisées, bonheur et avenir égarés ; le récit reste lumineux, la boîte de Pandore ouverte, il ne reste au fond plus que l’espoir,  la vie reprend le dessus ! Difficile d’oublier une telle histoire.

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Brève sur la romancière, Hannah Richell se consacre à l’écriture après des débuts dans l’édition. Son premier roman, « Un fragile espoir » parait chez Belfond en 2014 ; son deuxième livre, « la maison du lac » est sorti en 2015.  Elle vit aujourd’hui en Australie avec sa petite famille. Son prochain roman, « Peacock Summer' sortira en anglais courant juin 2018. A suivre pour la version française …_____________________________________________________________________