jeudi 20 février 2020

"Secrets d'histoire 8 " de Stéphane Bern.

Une chevauchée fantastique à travers les siècles où le plaisir de découvrir se mêle à celui d'apprendre !


Top lectrice France Loisirs.  


2018 - Albin Michel, 2019 - France Loisirs.
363 pages.
Ce huitième tome présente des courtes biographies historiques pèle-mêle et sans suite chronologique mariant avec brio toutes les époques. Des personnages moins connus côtoient sans complexe des figures de prou de l'Histoire. Ainsi, Baudouin IV de Jérusalem pointe le bout de son nez de manuels d'histoire poussiéreux et rencontre le temps d'une valse la très célèbre famille "Strauss". Un bel ouvrage richement documenté où chaque chapitre se dote merveilleuses peintures qui illustrent et permettent une visualisation très précise des hommes et des femmes des siècles passés.

Ce nouveau tome est une excellente suite de récits de vies de personnages historiques plus ou moins connus. Comme à chaque fois, le sujet est maîtrisé et fouillé. Stéphane Bern possède l'art de résumer l'Histoire en nous servant sur un plateau d'argent des récits courts et de qualité, regroupant l'essentiel avec quelques clins d’œil anecdotiques. Nous remontons le temps et virevoltons d'époque en époque sous une plume passionnée, vive et soutenue.. Tout est créé de manière à faire aimer l'Histoire et notre passé. Sans contexte, Stéphane Bern est un conteur hors pair. Ce tome a réussi à piquer ma curiosité et sans hésitation, j'ai bien envie de connaître un peu plus la vie aventureuse de Jacques Cœur ; courir à travers les Etats-Unis et me lancer dans la politique aux côtés de Théodore Roosevelt et aussi pourquoi pas lire, "Une autobiographie" de la reine du crime Madame Agatha Christie.  Certains chapitres ont évoqué des figures féminines aux destins bouleversants. je pense à Madame Louise la Vallière, maîtresse du roi Louis XIV, douce et amoureuse, un peu perdue dans ce pays si particulier qu'était la Cour de France au XVIIe siècle. mais aussi à Marie-Thérèse, fille de Marie-Antoinette surnommée "Mousseline la sérieuse" et malheureusement prisonnière tristement célèbre du Temple. Vous l'aurez compris notre curiosité est piquée et jamais l'ennui, ne pointe son nez.  La vulgarisation historique et une synthèse exemplaire font de cet essai un atout charme sans précédent. Ici, il ne s'agit pas d'entrer dans les détails mais, de donner envie au lecteur de creuser dans les méandres de l'Histoire.

Une série géniale qui ravira les passionnés d'Histoire, mais aussi et surtout pour les novices, l'occasion de découvrir un passé riche en destins surprenants et hors normes. Là où la réalité rejoint la fiction. L'avantage avec ce genre d'ouvrage est qu'il peut être picoré en plusieurs fois sans en gêner la lecture. 

L'archétype du cadeau à offrir aux fans d'Histoire. la lecture est facile, alerte, vive et passionnée. les pages se tournent toutes seules et le livre terminé, nous nous surprenons à en redemander.  Une écriture fluide et vive sans termes exhaustifs permettent un apprentissage agréable et stimule l'envie d'en savoir plus et toujours plus. Le livre idéal par excellence !



jeudi 3 octobre 2019

"Le ranch des trois collines" de Leila Meacham.

Ce roman se sirote  comme un savoureux cocktail, un mélange bien dosé de secrets, de mensonges, de rancœurs, de soif de réussite dans l'Amérique de l'Ouest.


Top lectrice France Loisirs.


2018 - Charleston - 2019 - France Loisirs.
Traduit de l'anglais( Etats-Unis) par Elisabeth  Luc.
649 pages.
Dans une ferme texane, fin XIXe siècle, ,à Gainesville, Millicent Halloway abandonne dès sa naissance un de ses jumeaux. Vingt ans plus tard, Nathan Holloway, resté à la ferme, reçoit la visite de Trevor Waverling, directeur d'une entreprise florissante à Dallas. Il lui révèle qu'il est son père biologique et qu'il souhaite le reconnaître et en faire son héritier. Le jeune homme voit sa vie bouleversée. Il partira accompagné de Zak, son chien. Dans cette ville en plein essor industriel, il rencontrera sa nouvelle famille tombée du ciel ; dont une grand-mère, matriarche sympathique et une demi-sœur Rebecca, éternelle enfant flottant dans un monde fait de contes et de poésies. Intelligent et travailleur, il réussira dans la société familiale et connaîtra l'ascension de l'exploitation pétrolière dans l'Ouest américain. Profondément attaché à ses racines, il restera fidèle Léon (son père affectif) et à son demi-frère et sa demi-sœur Randolph et Lily. 
A plusieurs kilomètres de là, à Fort Worth, région de ranches et de cow-boys, Samantha Gordon, fête ses vingt ans auprès des siens, entourée d'amis. Choyée, heureuse, elle a toujours su qu'elle avait été adoptée. Neal Gordon, éleveur bovin, aime jalousement sa fille et apprécie beaucoup lorsque celle-ci décide de ne pas poursuivre ses études de paléontologie et de se consacrer au ranch " Las tres lomas". Curieuse des origines de la Terre, elle s'interroge aussi sur les siennes. Une lettre et une attitude équivoque paternelle la pousseront à effectuer des recherches sans rien dire pour ne blesser personne.

Tous les ingrédients d'une bonne saga sont au rendez-vous. Une histoire de famille un peu particulière : l'abandon d'un enfant, une jeune mère rejette sur ses nouveau-nés ses erreurs de jeunesse ; Millicent truque les miroirs et arrange la réalité. Ces deux jumeaux séparés dès la naissance et qui ignorent tout de l'autre sont amenés à se croiser, s'apprécier et se découvrir. Nous connaissons le secret de leurs origines et pourtant le charme opère. Le destin a fait que l'enfant abandonné a connu une jeunesse plus dorée et aimanter. Le contraste affectif est saisissant. D'emblée, nous nous attachons à ces deux jeunes adultes et à leurs débuts dans la vie. Le secret sur leur naissance ouvre des portes vers tout aussi important dans l'oeuvre, la famille, ses valeurs et son unité face aux coups du sort. Nathan, personnage loyal, fort et tranquille incarne le grand frère tendre, confiant, toujours présent, un futur pilier de famille. Son attitude envers la fragile Rebecca et sa main tendue secourable avec Randolph confirme une âme franche et humaine.  Sa jumelle, Samantha, de nature plus fougueuse cherchera des réponses à ses questions.La quête de ses origines, une reconstruction de son histoire passée et par à-coups, elle seule dévidera l'écheveau du secret de leur naissance et brisera les silences. Les figures paternelles apparaissent sous un jour émouvant et fort. Chacun à sa manière, Léon, Neal et Trevor incarnent les différentes facettes qui font un bon père. Le visage maternel est mis en retrait ou bien dessiné sous son plus mauvais profil.


L'écriture vive et très efficace nous jette dans cette fiction et les pages se tournent l'une après l'autre sans difficulté et avec plaisir la romancière nous prend par la main dès les premières lignes et nous guide parmi des personnages tous différents et importants dans le déroulement de l'intrigue ; rien n'est laissé au hasard, tout est porteur de sens et de révélations.

Comme un cordon-bleu en cuisine, Leila Meacham a su nous concocter une saga familiale des plus savoureuses, saupoudrée de secrets, de mensonges, d'ambitions et de trahisons. Un zeste de romance vient relever le plat, servi sur un plateau texan où l'Amérique du début du XXe siècle peaufine la décoration. Le charme des cow-boys, les grands espaces sauvages et ranches de rêves contentent nos papilles.

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Leila Meacham est née aux Etats-Unis en 1929. Romancière mondialement connue, elle  a commencé à écrire assez tardivement ; elle avait 70 ans lors de la parution de son premier roman,  "Les roses de somerset". Suivront : "La plantation" - "Le ranch des trois collines" - "Les virevoltants" - "Les orphelins de Kersey" - "Le testament de Ryan" - "Le vol des libellules".
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vendredi 30 août 2019

"Le parfum de nos souvenirs" de Camille Di Maio.

Une histoire d'amour intemporelle, fixée à jamais dans deux âmes ...


Top lectrice France Loisirs.

2018 - Milady - 2019 - France Loisirs.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Agnès Jaubert.
504 pages.
Au début du roman, une femme seule presse des comprimés dans sa paume moite. Une fois de plus, elle désire plonger dans un sommeil profond et sans fin. Son désarroi nous submerge, blessée atrocement dans ses chairs et brisée par la vie, elle fixe pour une dernière fois la photographie jaunie par le temps d'un jeune homme. Et là, le destin frappe à sa porte et la jette dans ses souvenirs, souvenirs heureux et douloureux. Julianne Wescott fait face à son passé. Tel une liane, celui-ci se tresse au présent et déroule l'existence de la jeune femme. Résolument moderne pour son époque, elle souhaite prendre son destin en main et devenir infirmière. Faisant fi de l'opinion de ses parents, elle affranchit des codes de la bonne société anglaise et de son éducation bourgeoise. Elle accepte la différence de son frère jumeau et l'aime tel qu'il est malgré ses handicaps lourds. De caractère bon et aimant, elle ne comprend pas le choix de ses parents. Ce frère caché et oublié dans une institution spécialisée, lui permet de rencontrer un jeune homme Kyle Mc Carthy, d'origine modeste et de condition modeste. Immédiatement sous le charme , elle tombe amoureuse et ce bien qu'il se destine à la prêtrise. Partie à Londres entreprendre ses études, elle tente de l'oublier sans grand succès. La romance se dessine et après des circonstances malheureuses, Kyle dévoile ses sentiments. Et rien n'altérera leur passion ! Pourtant, la Seconde Guerre les sépare, Kyle, homme de foi et de valeurs s'engage et part au front nord-africain. Le Blitz secoue l'Angleterre et la tempête secoue le pays de bombardements meurtriers et cauchemardesques ... Après son accident qui la défigure, Julianne, seule et j'insiste, elle est est vraiment seule et dépressive (nous le serions à moins.) ; elle culpabilise et prend des choix excessifs et sans appel.

"La tisane me rassérénant, je replongeai dans cet état où la frontière entre les souvenirs et les rêves se brouillait." ( p 109)


 Le personnage principal reste Julianne, pourtant Kyle est celui qui porte leur amour, lui seul a une foi absolue en leur passion, jamais il ne doutera, aucun obstacle ne viendra remettre en question ses sentiments. Sa religion : son amour pour elle. Il aime Julianne, et ce, pour toujours. Qu'importe son aspect et ses choix douloureux d'où il a été exclu. Il aime, il pardonne. Ce couple est infiniment attachant aux dialogues tendres et parfois impertinents. Cette histoire d'amour possède quelque chose de mystique, d'absolu. Nous passons de la tendresse à la souffrance et le côté sombre et violent illumine les bons moments. La période historique et la guerre restent en filigrane, tout est esquissé au fusain, en grands traits pour accentuer les blessures du destin et les existences qui se brisent. Un choix de la romancière que j'apprécie tout particulièrement, la fiction relate avant tout une histoire d'amour intemporelle. Le cadre historique aurait pu être tout autre. D'autant plus agréablement surprise que j’éprouve de grandes difficultés à lire des récits où la guerre est décrite dans toute son horreur et sa violence.

Une belle romance, sans mièvrerie où les personnages sont jetés dans les affres de l'Histoire, où les choix restent difficiles à prendre dans l'urgence de situations dramatiques. Un très beau récit sur les imprévus de la destinée, les dilemmes et sur l'amour encore et toujours. Coup de chapeau à la romancière qui a vraiment su me tenir en haleine au point d'en oublier le temps et le reste du monde ! Une prise d'otage !!! Ce premier roman laisse son empreinte après la dernière page tournée, difficile d'oublier une si belle histoire quitte à désirer quelques chapitres supplémentaires juste pour le plaisir de rester en compagnie de ces splendides personnages, curieuse d'en connaitre plus sur leur vie. Sous une plume fluide et légère, le long fleuve de la vie d'une femme s'écoule vers un océan fait de vagues amoureuses et passionnelles sous des marées de promesses et de sourires et secoué par des tsunamis de tristesses et de grandes solitudes. Un souffle historique toute en délicatesse, sans excès qui balaie le et l'existence d'innocents. La folie de certains anéantit tout sur son passage.

"Je ne m'étonnais guère que certaines personnes aient peur du noir par crainte de ce qui se tapissait dans l'obscurité : j'avais dû me débattre avec mes propres monstres, mes pensées." ( p 141) 

La romance, par excellence, celle avec qui nous soupirons, nous versons une petite larme, nous sourions aussi ; pour faire court, nous vivons aux côtés des personnages, ils finissent par faire partie de notre réalité.

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"Le parfum de nos souvenirs" est le premier roman de Camille Di Maio. Elle gère à  San-Antonio (Texas) une agence immobilière. Auparavant, elle a publié plusieurs articles dans divers magazines.
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vendredi 17 mai 2019

"La dernière reine" de Philippa Grégory.

Il était une fois Barbe Bleue et sa dernière femme !!!


Catherine Parr se raconte ...

Sixième et dernière épouse du terrible roi d'Angleterre, Henri VIII ...

Top Lectrice France Loisirs.

2018 - Milady - 2019 - France Loisirs.
Traduit de l'anglais par Alain Sainte-Marie.
626 pages.
Cette jeune femme d'une trentaine d'années nous convie dans son existence, dans son intimité et surtout dans son époque. Par deux fois veuve, elle aspirait à une nouvelle vie avec son grand amour, Thomas Seymour. Le frère de la malheureuse Jane Seymour, troisième épouse du roi et morte à la suite de ses couches ( son fils Edouard VI, l'héritier du trône). Les Seymour restent les favoris en titre. Malheureusement, le roi Henri VIII la convoite et désire en faire sa sixième épouse. Ce qui veut le roi ... Aucune possibilité de refuser ... Elle regrette ses terres du nord de l'Angleterre, loin de l'agitation de la Cour, de ses violences et de ses intrigues. Alors, un an après l'exécution de Catherine Howard, elle devient reine pour son plus grand désarroi. Calme, digne et posée, elle sait cacher ses sentiments et prend soin du roi malade et impotent. A 51 ans, celui-ci n'a plus rien du très célèbre roi séduisant dont toutes les jeunes femmes raffolaient ; il est gras, bouffi et il pue. Une de ses jambes est gangrenée et il tient difficilement debout. A chaque déplacement, le roi est soutenu et porté sur un siège. Ce vieux monarque semble adorer cette nouvelle épouse; Elle s'attache aux enfants royaux et les réconcilie avec leur père. Les deux filles aînées (Marie et Elisabeth) , silencieuses et résignées ne se sentent pas vraiment en sécurité avec cet homme. Leurs mères, elles aussi ont été reines, et leurs sorts tragiques et sanglants ! (Catherine d'Araqon et Anne Boleyn). Catherine les réunit et s'occupera d'eux. Nouvelle reine, elle s'émancipe intellectuellement et spirituellement ; pas forcément au goût du roi et de son entourage. La réforme religieuse se trouve au cœur du roman. Les catholiques et les protestants se livrent une lutte sans merci. Pour épouser la très sulfureuse Anne Boleyn, le roi avait décidé de couper les liens avec le pape et Rome. Le divorce n'était pas envisageable ! Alors Henri VIII s’autoproclame chef spirituel, plus d'intermédiaire entre lui et Dieu. La bible sera même traduite en anglais ! L'anglicanisme est né ... Ces mêmes querelles religieuses mettront Catherine Parr en danger. 

Philippa Grégory nous offre un récit agréable, vivant et nous permet de mieux comprendre les mentalités, mœurs de cette époque riche en conflits, intrigues et guerres. Les Tudor, certainement les dignes héritiers des Atrides !!!  Ce roman ouvre de nouvelles perspectives de compréhension sur le schisme religieux et les spécificités de la religion anglicane. L'ère de la toute-puissance papale se fissure ; les guerres de religion s'annoncent avec toute l'horreur des massacres et procès pour hérésie. Une période vraiment trouble. L'intrigue est très intéressante, Catherine apparaît en femme forte, cultivée et très intelligente. Et de l'intelligence et de la perspicacité, il en faut avec ce roi cruel, paranoïaque, versatile. Elle se bat pour sa survie, le sentiment de sa peur transpire littéralement du roman. Le danger la guette à chaque coin des couloirs de ces châteaux humides et sombres. Elle réussit à composer avec chaque clan, évitant le moindre faux-pas. De quoi faire des cauchemars et tel un roseau, elle se plie au bon vouloir de son époux royal, refoulant ses sentiments les plus profonds. Quatre ans, c'est long, très long avec un homme que l'on n'aime pas, qui s'impose chaque jour ! Nous sommes bien loin des contes de fées ... La condition féminine était tout ce qu'il y a de plus précaire. Et parlons un peu de la Cour, un vrai panier de crabes. Et je sollicite, je complote, je convoite plus de charges et toujours plus de tout ! Sinistres, fourbes et prêts à tout, même à jouer la vie des autres ! Une fin de règne dans la terreur où chacun est suspendu au bon vouloir d'un ogre. Pour terminer, parlons de la plume magnifique de  la romancière, juste et précise avec le tour de force d'être fluide et accessible. Nous sentons, en amont, le prodigieux et fastidieux travail de recherche. Rien ne semble être laissé au hasard ! Un roman historique fascinant, raconté d'une façon captivante, aux dialogues incisifs. Pourtant, ce type de roman laisse la part belle à la subjectivité et parfois l'imagination de l'auteure s'égare un peu. Notamment avec la romance de Catherine Parr et Thomas Seymour. Une passion réciproque et brûlante, peut-être : mais lorsque nous connaissons un peu l'histoire et le personnage, nous sommes plutôt dubitatifs ! Heureusement, cette idylle se retrouve au second plan et ces partis pris ne gâchent en rien le récit. Philippa Grégory a su brosser le portrait d'une reine attachante et certainement la plus intelligente des femmes d'Henri VIII. Une femme qui se révèle cultivée. Elle a su garder sa tête ! Bonne équilibriste, elle a su gérer une situation des plus complexes. Ne pas trébucher, éviter la chute et une mort certaine !!!

"Les reines ont été vues pleurant comme de simples femmes" - Chateaubriand -


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Philippa Grégory, née en 1954, à Nairobi, romancière britannique, est très souvent associée à la fiction historique de par son oeuvre romanesque très prolifique. "Deux soeurs pour un roi" (2009) reste son roman le plus célèbre. Citons aussi : "La princesse blanche" (2014) , "Reines de sang" (2017).
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mardi 7 mai 2019

"Par le fer ou le poison" de Juliette Benzoni.

Top lectrice France Loisirs.


D'authentiques personnages féminins dignes de romans sortis de l'imagination de grands auteurs !!!

1973 - Ed. de Trévise. 2018 Perrin . 
427 pages.
Edité dans les années 1970, Juliette Benzoni nous a concocté ce recueil de seize nouvelles sur des femmes aux destins hors nome, de l'antiquité au XIXème siècle. Rien à voir avec des récits biographiques à proprement parler puisque nous partageons leurs états d'âme et leurs aventures comme des personnages de fiction. Nous plongeons avec délices dans des nouvelles historiques ! L'histoire est respectée et l'auteure nous emmène avec fougue à leurs côtés dans des existences pour le moins exceptionnelles. Tous les passionnés connaissent certains protagonistes de ce recueil tels que Marie Tudor, tristement célèbre "reine sanglante", responsable de nombreuses tueries au nom de la religion  et de son interprétation ; mais aussi femme au cœur et à l'âme frustrée. Mais encore et surtout des femmes oubliées par les manuels d'histoire, aux destinées non négligeables. Qui se rappelle d'Isabelle d’Angoulême, seconde épouse de Jean "sans terre", roi d'Angleterre ; jeune femme trop fière et orgueilleuse ou bien de Marguerite d'Anjou et de son rôle dans la célèbre guerre des deux roses, grande amoureuse, tête couronnée au port trop altier ? Beaucoup de batailles et de morts à leurs actifs pour le pourvoir, des titres et des richesses ! Et que dire de Madame Ersébeth Bàtholy, monstre égocentrique, digne héritière du Comte Dracula ! Pour la plupart, elles sont mortes comme elles ont vécu; Inutile d'imaginer, certaines en charmantes vieilles personnes au coin du feu avec un petit chat ronronnant sur leurs genoux. Geôles, couvents, morts violentes et exils forcés en réponse à leurs complots, crimes, folie ou orgueil démesuré ; qui sème le vent récolte la tempête, une maigre consolation pour leurs quelques innocentes victimes.

A l'intelligence incisive, ces femmes prêtes à tout régner ou assouvir leurs désirs, n'hésitent pas à employer des moyens peu orthodoxes. Donner la mort ne les effraie point. Elles usent des mêmes artifices et stratagèmes que les hommes, de véritables guerrières, amantes passionnées et sulfureuses. Rien à voir avec petits meurtres et vieilles dentelles !   Aucune envie de faire partie de leur cercle amical et encore moins de s'en faire des ennemies ! A fuir pour notre propre sécurité, à croiser de loin ; elles sont plutôt du genre toxique  !!!

Juliette Benzoni sait nous raconter leurs histoires,avec un style recherché, de belles tournures de phrases au vocabulaire approprié aux époques. Nous prenons fait et cause pour les victimes et réclamons, nous aussi vengeance. Grâce au talent de la romancière, nous vivons l'histoire. Tour à tour indignée, en colère et parfois même amusée, mais jamais indifférente ! Les faits historiques, les événements s’enchaînent avec vigueur, ils paraissent extraordinaires ! 

C'est un ouvrage sur les femmes au travers de l'histoire, au diable les travaux de couture et les salons, fi de l'obéissance et de la soumission. Une immersion pleine de fureur, de batailles rangées où la cruauté, les vengeances, les guerres nous pantois et les oreilles bourdonnantes du fracas des armes avec un arrière goût amer saupoudré de poison.

Passionnés d'histoire, ce condensé redoutables de nouvelles est à dévorer sans concession ! Tous ces destins surprennent à des époques où les femmes marchaient bien souvent dans l'ombre des hommes. De plus, nous avons le loisir de dévorer d'une traite ce livre ou bien de savourer à petite dose les récits sans que nous en perdions le  fil .

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Juliette Benzoni  (1920 - 2016), est une auteur reconnue de nombreux, très nombreux romans historiques. Des livres à succès qui ont toujours su toucher un public au fil du temps resté fidèle. 
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mercredi 3 avril 2019

"Rose" de Tatiana De Rosnay.

2010 - Ed. Héloïse d'Ormesson.
traduit de l'anglais par Raymond Clarinard.
245 pages.

Confidences épistolaires d'une dame en crinoline ...


Sous le Second Empire, face aux coups de pioches destructrices du baron Haussmann, certaines vieilles rues parisiennes sont détruites pour la réalisation des grands boulevards. Notre Paris actuel sort de terre, une ville voulue plus lumineuse et salubre.Ces grandes avenues, écrin de beauté, qui participent à sa renommée.

Pourtant, en 1850, toutes ces démolitions et expropriations ont été vécues dans la douleur pour la plupart des habitants de ces quartiers.

Rose Bazelet raconte sa vie quotidienne sous ces grands chantiers, habitante de la rue Childebert, proche du boulevard Saint-Germain. Elle se confie à son mari, Armand, décédé depuis près de dix ans.Seule, dans une demeure vide, elle résiste, à sa manière, à la fin d'une époque ; elle refuse de quitter sa maison, lieu d'amour et de douleurs, gardienne de son existence passée. Rose écrit des lettres, sortes de confidences, de sentiments et de chagrins jamais avoués. Elle se confesse, soulage sa conscience et lui raconte sa vie depuis son départ. Par l'écriture, elle ose des révélations ... A presque soixante, elle n'envisage pas des jours nouveaux, elle se retire dans ses souvenirs. Ce dernier drame, elle le vit seule ! Dans ses lettres, elle évoque sa jeunesse, son mariage d'amour, son couple, ses deux enfants e son existence bourgeoise. Toute en pudeur, par petites touches, Rose retrace ses rapports quelque peu indifférents avec sa mère et parfois difficiles avec sa fille, Violette.  Dans une boîte, près d'elle, nous découvrons quelques morceaux choisis de sa correspondance. Son chemin croise des voisins agréables et amicaux. Alexandrine, jeune fleuriste, indépendante et farouche. ; le libraire, Mr Zamaretti qui l'initie au plaisir de la lecture. Une passion découverte après son veuvage. Un goût tardif, ses livres ne la quitteront plus. Dans ses derniers jours de grande solitude, seul un chiffonnier, Gilbert, lui apporte son soutien et son aide. Ses cauchemars récurrents annoncent un drame passé, très facile à deviner, et révélateur d'une époque où l’opprobre était généralement jeté sur les femmes. Le silence était de mise. Dans une rue fantomatique, son obstination annonce une fin tragique  ses lettres, une envie de faire la paix avec son passé. Le courrier d'expropriation l'a détaché de la vie, renfermé sur elle-même.

"Notre histoire d'amour était inscrite dans la structure interne, dans la beauté pittoresque de la maison. Elle était à jamais mon lieu avec vous. En perdant la maison, je vous perdrais à nouveau." (p 209).

Ce roman magnifique et bouleversant nous entraîne dans les ruelles, places, d'un Paris révolu, au côté de personnages pittoresques et attachants ; des reflets d'une vie vie de quartier, de bâtisses familiales transmises de génération en génération. C'est aussi le récit sur la fin d'une capitale plus que séculaire aux vestiges moyenâgeux. Haussmann, le baron éventreur, amorce les prémices d'une ville moderne.  Emile Zola et son roman "La curée" ne sont pas loin. La romancière, Tatiana De Rosnay, livre une histoire poignante, abordant avec finesse et brio des thèmes comme le deuil, la perte d'un enfant, la solitude et l'amour. Rose nous apparaît authentique, chaleureuse, comme une femme qui a du caractère avec un petit côté  bourgeoise parisienne. Elle apprécie les belles choses et son coquet confort. Nous ne sommes pas indifférents à sa détresse ! La maison reste un personnage à part entière, témoin silencieux d'époques révolues, de drames et de joies. Un abstrait et dernier compagnon pour Rose.

"Expliquer ce que j'éprouvais en lisant me paraît difficile, mais je vais m'y efforcer. Vous, grand lecteur, devriez me comprendre. c'était comme si je me trouvais en un lieu où nul ne pouvait me troubler, m'atteindre." (p 163).

Une très belle découverte, un roman épistolaire a une seule voix et la succession de lettres captive et intrigue agréable laissant planer un charme suranné aux parfums d'encre violette et crissements de plume.


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Tatiana De Rosnay est une journaliste, écrivain et scénariste française, née en 1961. Elle publie des romans aussi bien en français qu'en anglais. Son premier succès vient avec son roman "Elle s'appelait Sarah" (2006). En 2009, elle publie son deuxième récit écrit en anglais, "Boomerang". En 2015, sort sa remarquable biographie de Daphné Du Maurier, "Manderley for ever". Actuellement sur la scène littéraire, son dernier opus "Sentinelle de la pluie" remporte un franc succès.
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vendredi 21 décembre 2018

"La bibliothèque des citrons" de Jo Cotteril.

Loin des yeux, près du cœur ...

2017 - Fleurus - France Loisirs.
Traduit de l'anglais par Charlotte Grossetête.
360 pages.

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En Angleterre,Calypso, 10 ans, vit seule avec son père. Enfant solitaire, elle s'isole dans la lecture ; un monde qui tisse un lien avec sa mère trop tôt disparue.Artiste peintre et elle aussi grande lectrice, elle lui a laissé en héritage des toiles lumineuses et des bibliothèques pleines.La jeune Calypso attend   avec impatience l'âge de pouvoir dévorer les livres de sa mère, un trésor bien à l'abri .  Une tête remplie d'imaginaire et un frigidaire malheureusement vide. Son père survit au deuil, étouffé par sa peine, dépressif ; il cherche à endurcir  le caractère de sa toute jeune fille. Elle doit puiser dans sa "force intérieure" pour résister face à l'adversité. La solitude en est un des moyens. Lui, passe ses journées à rédiger l'oeuvre de son existence : un dictionnaire exhaustif sur les citrons ! Leur chagrin est contenu, les larmes ne s'invitent pas de leur quotidien. Mature, réfléchie et forte avant l'âge, Calypso s'assume, s'occupe du foyer et de son père. Les rôles sont quelque peu inversés. Un jour de classe ordinaire, elle rencontre une nouvelle, la jeune Mae et leur amitié va éclater sa bulle de confort et l'ouvrir à d'autres horizons ... 

Avec les yeux d'une enfant, ce récit aborde des thèmes forts tels que l'amour, l'amitié et le deuil. Le plaisir de lire prend la place du roi. Preuve que la magie des mots, la force d'une fiction révèlent l'intelligence et l'acuité chez les jeunes enfants. Calypso et Mae partagent leurs lectures et leur rêve d'écriture. Une belle ode à la lecture !


C'est aussi une histoire pleine d'espoir, deux êtres perdus dans les livres et leur douleur qui renaissent grâce à l'entraide et l'amitié sincères ; une nouvelle force s'insuffle face aux terribles aléas de la vie. Le deuil est une traversée mais elle ne s’effectue pas obligatoirement  en solitaire. 


Il nous est impossible de rester insensible à la souffrance de cette enfant et de son père. Tout est est narré avec pudeur avec les yeux et le langage de la jeunesse. Un récit tout en douceur et quelque peu amer qui met en exergue le problème des enfants obligés bien malgré eux d'assumer un parent désorienté et en souffrance ! Pourtant cette fiction n'est pas un drame mais plutôt une belle brise d'espoir et de bonheur simple ; une lecture qui fait du bien à glisser entre toutes les mains ...
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Jo Cotterill a été actrice, enseignante et technicienne en pyrotechnie, mais elle préfère mieux écrire pour le plus grand plaisir des enfants et des jeunes adultes. D'origine britannique, elle a déjà publié plus d'une trentaine de romans.
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